
Hongyandong 红岩洞
Cette cavité est à vol d’oiseau située à 26 km à l’Ouest-sud-ouest de la ville de Hezhang, à deux kilomètres au Sud-sud-est du village de Shuangpingxiang.
L’entrée qui exhale un léger courant d’air a manifestement été désobstruée, ou du moins agrandie récemment. Elle surplombe de quelques mètres une source captée entre autre pour l’alimentation des villages. Un bâtiment de pompage est construit à proximité. L’entrée est fermée à clef par une porte en bois. Bien que l’on retrouve la rivière qui alimente la source à l’intérieur de la cavité, cette fermeture n’a en fait pour but que de protéger les concrétions. En effet, cette grotte recèle un aménagement sommaire sur 250 mètres, sous la forme de 2 fils électriques parallèles fixés dans les parois, et sur lesquelles sont raccordés de temps en temps des ampoules. La mauvaise qualité de l’installation fait qu’il se dégage parfois des filets de fumée au niveau des connexions ! Les concrétions sont donc omniprésentes et abondantes tout au long du parcours, mais sans toutefois être exceptionnelles. Il est a noté un fait auquel nous sommes peu habitués en Chine : les villageois semblent vouloir jalousement conserver cette cavité en l’état, plutôt que d’en exploiter « ses richesses » !
Passé la porte d’entrée de taille humaine, la galerie prend rapidement des dimensions moyennes de 5 mètres de large par 3 mètres de haut. La progression sensiblement horizontale est toujours facile, et le paysage est varié. Quelques passages plus étroits ou petits ressauts formés par de grosses coulées de calcite agrémentent encore le parcours et la galerie axée sur la fracturation forme souvent de spectaculaires baïonnettes. Au bout de 300 mètres, un toboggan de calcite permet de descendre au niveau de la rivière, nous venons de retrouver l’actif à l’origine de la source captée. A l’aval, un siphon met immédiatement un terme à toute progression. A l’amont, la rivière a été parcourue sur une distance d’une trentaine de mètres en néoprène, par une succession de bassins plus ou moins profonds,. Il n’a cependant pas été nécessaire de poursuivre cette voie, puisse qu’il existe à partir du toboggan d’accès une galerie fossile qui jouxte la rivière. Cette galerie de dimension légèrement inférieure à la galerie « aménagée », surplombe l’actif, avec lequel elle s’interconnecte plusieurs fois par des petits puits ou boyaux inclinés. La progression est cependant un peu plus sportive, et pour franchir deux passages en à forte pente, l’un descendant, et l’autre remontant, nous avons du utiliser une corde de sécurité. Au bout de 150 mètres, un gros pilier stalagmitique a presque complètement obstrué le conduit, et il ne reste plus qu’un passage étroit pour contourner l’obstacle. C’est en ce point que nous avons stoppé la topographie, mais au delà, après un passage en oppo, la galerie fossile et l’actif ne forment plus qu’un conduit unique. Fidèle à notre adage : « pas de progression sans topo ! » nous nous sommes arrêtés au niveau d’une petite cascade d’un mètre de haut. Pour être complet, il existe dans les plafonds de cette galerie fossile, une galerie supérieure remontante ayant nécessité de courtes escalades. Elle bute subitement au bout d’une cinquantaine de mètres sur un colmatage formant un passage impénétrable. Nous avons donc topographié 540 m de galerie et le reste attend les prochains explorateurs…
[Bruno Hugon, Jean Pierre Barbary]
Analyse :
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