dong Shuangdong/Zhangjiadong - 双洞

Détail


Nom de la grotte : Shuangdong/Zhangjiadong - 双洞
Autres noms : Grotte Double/Du Famille Zhang
Province, Préfecture, District :
Hunan 湖南省, Dayong , Sangzhi 桑植县
Latitude Nord - Longitude Est :
29.35667 - 110.11333
Altitude (m) : 390
Développement (m) : 6 243
Profondeur (m) : 167
Profondeur - / + (m) : 85 / 81
Volume (m3) :
Géologie : Trias

1Entrée : Shuangdong/Zhangjiadong 双洞,

Carte



Description 1



B. SHUANGDONG / ZHANGJIADONG

"Grotte double, Grotte de la famille Zhang" (Sa92/5)

Long. : 110° 06,18' E   Lat. 29° 21,34' N   Alt. 390 m (coord. de Shuangdong)

Dév. 6 243 m   Dén.

Il s'agit d'une vaste grotte-tunnel, de plus de 6 km de développement (5 entrées), subdivisée en deux parties au niveau d'une doline d'effondrement qui a recoupé la grotte (entrées de Shuangdong). On distingue ainsi un réseau ouest long de 1,4 km (3 entrées) et un réseau oriental de presque 5 km (2 entrées). La double entrée de Shuangdong, située non loin du village de Fengyanwu, se situe à 40 mn de la route et à 390 m d'altitude au fond d'une belle doline aménagée en terrasses de cultures circulaires. En réalité, on observe ici un complexe de quatre entrées : les deux de Shuangdong, et deux autres un peu plus hautes : Chengqiangdong (la grotte du mur) et la grotte de Xiaodong 1 (grotte du nitrate 1).

Le porche principal de Shuangdong permet d'accéder au réseau Est tandis qu'un deuxième porche, caché et dissimulé car bas de plafond, permet de rejoindre la partie ouest ; on peut également rejoindre le réseau ouest en passant directement par les entrées supérieures de la grotte du mur et de la grotte de Xiaodong 1 qui ont servi d'habitat refuge comme en témoignent les nombreux aménagements, murs et terrasses. La cinquième entrée du réseau se situe à l'est, au fond du hameau de Zhangjiawan : c'est la pittoresque grotte de Zhangjiadong qui constitue la sortie du réseau est. Une petite doline la sépare de Xiadong qui développe 1 143  m (voir infra).

- Le réseau ouest est constitué par un vaste conduit de 20 à 40 m de large qui s'étire sur 1,4 km de développement vers l'WSW. La première partie est très rectiligne et la boite topo fume ! Même que Bernard Collignon en serait jaloux puisque c'est là que la visée la plus longue de l'expédition a réellement lieu (136 m) et non sur un certain lac souterrain du comté de Wufeng (134 m). Après les blocs et les sédiments argileux des 250 premiers mètres, la galerie devient moins austère. On avance maintenant sur des cascades de gours à sec et de larges coulées stalagmitiques plus ou moins actives qui "éclairent" la progression ; et l'on peut découvrir çà et là de nombreuses perles des cavernes.

A 500 m de l'entrée, on remonte une puissante coulée sur plusieurs dizaines de mètres. Au-dessus de nous, la lumière de nos acétylènes est renvoyée sur ce qui semble être un plafond vaporeux parfaitement horizontal. Quelle est donc encore cette "chinoiserie" ? Encore quelques mètres et... d'un coup nos têtes émergent du plafond qui n'est autre qu'un véritable nuage de brouillard. La vision de cette surface blanche suspendue délicatement dans le silence minéral de la grotte est saisissante. Fuf tente une photo de cette vision fantomatique, mais nous ne verrons rien du résultat. Cette chose a-t-elle vraiment existé ? En fait, l'explication est simple : il s'agit d'une poche d'air chaud (reliquat de l'été) piégé au plafond de la galerie par l'aspiration d'un air plus frais ; au contact de l'air chaud, une nappe de brume s'est formée par condensation.

La suite du réseau est du même acabit : quelques blocs, parfois un peu d'argile de décantation dans les creux et surtout de multiples coulées où les bottes adhèrent parfaitement. La galerie "topoclassico" marque la fin du réseau ouest ; elle se termine sur un siphon d'argile dans la partie basse et au sommet par une énorme obstruction de 50 m de long sur 20 m de haut associant coulée de calcite, stalagmites et boue. D'après les indications d'un paysan, il existerait sur le plateau une petite entrée à fort courant d'air à peu près à l'aplomb de la zone terminale.

Richard

- Le réseau Est est plus complexe que le réseau ouest que nous venons de parcourir. Le porche principal de Shuangdong, large de 25 m sur 15 m de haut, donne dans une large galerie qui descend d'une quinzaine de mètres pour atteindre un fond plat argileux que l'on suit sur 80 m, puis la galerie devient rocailleuse avec des amas de blocs. A 330 m de l'entrée, le réseau se divise en trois galeries dont une est difficile à trouver, bien qu'elle se situe dans le prolongement : c'est la "galerie cachée" découverte par un fureteur des familles, j'ai nommé le Bozzo continental ! (voir infra). Mais ce premier jour, Bozzo et Cyriaque ne la voit pas ; ils n'ont d'yeux que pour cette galerie, large de 10 à 12 m, qui file au SE. Ils s'y enfoncent en faisant grincer le topofil. Le conduit se poursuit sur 400 m en formant un arc de cercle et prend une taille moyenne de 6 à 8 m de large, avec un plancher argileux dans la dernière partie. Arrêt sur une petite salle avec une étroiture dans un appendice rétrosécal !

Au carrefour, la deuxième équipe s'enfonce au nord dans une vaste galerie remontante pleine de blocs gros comme des maisons. En fait de deuxième équipe, je suis seul, mais la topo ne pose guère de problème : il suffit d'attacher le bout du fil et de faire des visées arrière. C'est ainsi que je m'enfonce dans l'inconnu après avoir gravi le talus de départ. Bien que je ne le sache pas encore, j'ai fait le bon choix, car je suis dans le passage de la future jonction avec Zhangjiadong. Pour l'instant les blocs défilent dans une galerie large d'au moins 30 m ; à 130 m du carrefour, j'oblique plein est. Je franchis rapidement un lac temporaire, à sec en cette période. Devant, une haute galerie en canyon, de 10 à 15 m de large sur plus de 30 m de haut, présente un fond plat sur lequel je progresse religieusement jusqu'à des gours d'argile ! Je regarde le compteur du topofil : déjà 530 m d'engranger - il faut au moins que je revienne avec une borne histoire de maintenir le rythme. A 700 m du carrefour, la galerie bifurque vers le NNE et commence à faire des montagnes russes un peu plus marquées ; elle monte et descend avec des gours secs et des coulées stalagmitiques, agrémentés de quelques escalades et désescalades faciles ; mais quand on est seul, on est toujours plus prudent. Après un ressaut de 5 m, je remonte un bombement constitué de gours secs magnifiques : les cristaux de calcite se brisent en crissant sous mes pieds devenus pourtant plus légers. Je me retrouve au sommet d'une jolie salle de 25 m de diamètre toute tapissée de gours : voilà près de 1 km que j'avance. Serais-je au bout de la galerie ? Non, celle-ci se rétrécit sur 6 m de large et descend au nord sur un toboggan de calcite où coule un filet d'eau. Je jette un caillou dans le noir par acquis de conscience : plouf ! La descente est facile et me voici devant un lac dont le fond est boueux. Pas question de le traverser seul : il faudra revenir.

Richard

Le lendemain Bozzo et Cyriaque revienne au carrefour et découvre la galerie cachée. Comme son nom l'indique, celle-ci n'est pas des plus faciles à trouver. Il faut fouiner entre les blocs du grand carrefour et emprunter un petit passage qui semble avoir été dissimulé. La galerie qui suit prend parfois des airs de mine, jonchée de petits cailloux parfois rangés en tas ou en murs. Au bout de 200 m, en haut d'une coulée de calcite, une étroiture forme comme un nouveau poste de garde ; on trouve tout de suite derrière deux sièges de pierres adossés à des colonnes. La galerie a alors meilleure figure, les gours et les concrétions sont abondants ainsi que les fours à nitrates. On trouve des flèches et des inscriptions qui semblent être des points topos d'un autre âge. Souvent, des petits puits de 2 à 3 m percent le plancher stalagmitique aux endroits ou l'on s'y attend le moins, tels des pièges tendus aux topographes étourdis. De petits ressauts en concrétions diverses, la galerie file tranquillement jusqu'à son terminus, un puits de 5 m qu'il faut descendre et remonter à la force des bras sur quelques rataillons. Dans une petite lucarne en méandre, nous retrouvons la lampe d'un précédent visiteur, un morceau de bambou contenant encore un bout de chiffon vaguement imbibé de pétrole. Au retour, nous visitons quelques diverticules dont une grande salle inclinée remontant jusqu'à une galerie vite terminée sur un puits remontant.

Jean

- La jonction par l'entrée de Zhangjiadong constitue une jolie et facile ballade souterraine. Mais en cet hiver rude de janvier 93, les rizières de Sangzhi sont dans la neige. Il fait un froid de canard. En face de nous, le trou de Xiaodong fume de l'air chaud comme un "steamboat". Quant au porche de Zhangjiadong, il devient un havre de douceur, soufflant lui-aussi un air doux à 18°C tandis qu'il fait 15° de moins à 20 m de là ! On comprend pourquoi ce porche est actuellement habité, avec force bercails, porcs gras et canetons, et son micro-village dénommé Zhangjiawan. 15 m plus bas il y a un lavoir où triment plusieurs femmes du village. Nous les croisons en les saluant tandis que le père Daniel, un mégot au lèvre, fait son office de grand topographe devant l'Eternel avec Jean-Pierre comme assistant, lui-aussi le cigarillos au bec. C'est une journée qui s'annonce bien. La topo défile dans une galerie descendante de bonne taille, puis les tronçons se succèdent, pratiquement rectilignes, vers l'WSW dans un conduit large de 10 à 20 m ; le plancher est tantôt argileux, tantôt rocailleux, agrémenté de quelques gours et coulées. Voilà 1 km de topo : il est l'heure de rentrer et Daniel est content.

Le lendemain, rebelote, avec les compères Richard et Sylvain et Daniel en moins. Nous reprenons la topo pour buter sur un lac au bout de 100 m à peine. Cà y est, c'est sans doute le lac en question, celui sur lequel le Richard s'est arrêté en solo. Celui-ci scrute les ténèbres, mais ne semble pas vraiment reconnaître les lieux. Il faut en avoir le coeur net, bon chien ! On gonfle alors le canot percé, et qui va prendre pied dans un tel esquif, à votre avis ? Le compère Richard bien-sûr puisque c'est lui qui connaît l'autre côté. Inutile de mouiller du monde pour rien. L'embarquement à la Bozzo, en se jetant dedans, n'arrange rien. Au milieu du bief, le canot est au trois quarts dégonflés et prend de la gite. Le spectacle est magnifique et Richard décide de mettre pied en pleine eau : pas question de continuer un tel cirque dans un canot aussi pourri. "Çà y est, je reconnais mon terminus". La jonction avec Shuangdong est réalisée ! Au retour, une galerie longue de 300 m, parallèle à la galerie principale, est topographiée. Une escalade aérienne assez facile est réalisée en libre sur une quarantaine de mètres et permet de découvrir en balcon, au-dessus du lac de la jonction, la galerie des diamants. Dans ce recoin protégé du réseau scintillent des coulées et des gours secs étincelants, certains gris-acier, d'autres brillants comme des diamants.

Jean-Pierre et Richard - ^ -

BARBARY, Jean-Pierre; MAIRE, Richard; ZHANG, Shouyue; POMEL, Simon; COLLIGNON, Bernard; GEBAUER, Daniel; BENAVENTES, Jean; BOTTAZZI, Jean; CHEN, Shicai; FULCRAND, Serge; JIN, Yushang; MATRICON, Sylvain; ORSOLA, Jacques; REMY, Cyriaque; QI, Zhonglin; ZHANG, Dachang; SHI, Mengxiong (1995): Les cavités du comté de Sangzhi (Hunan, Chine).-
Donghe 92, karsts de Chine Centrale, Karstologia Mémoires n°6, 1995: p.85-94 (7 figures, 1 tableau, 4 photos, résumés français, anglais, allemand, chinois).
Analyse : BBS
Description et topos de 7 cavités du secteur de Shuidong dans le comté de Sangzhi dont: Shuang + Zhangjiadong (643 m, -85/+81 m); Liangfengdong (1913 m, -51/+35 m); Xiadong (1412 m). (FB)

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Bibliographie 3



BARBARY, Jean-Pierre; MAIRE, Richard; ZHANG, Shouyue; POMEL, Simon; COLLIGNON, Bernard; GEBAUER, Daniel; BENAVENTES, Jean; BOTTAZZI, Jean; CHEN, Shicai; FULCRAND, Serge; JIN, Yushang; MATRICON, Sylvain; ORSOLA, Jacques; REMY, Cyriaque; QI, Zhonglin; ZHANG, Dachang; SHI, Mengxiong (1995): Les cavités du comté de Sangzhi (Hunan, Chine).-
Donghe 92, karsts de Chine Centrale, Karstologia Mémoires n°6, 1995: p.85-94 (7 figures, 1 tableau, 4 photos, résumés français, anglais, allemand, chinois).
Description et topos de 7 cavités du secteur de Shuidong dans le comté de Sangzhi dont: Shuang + Zhangjiadong (643 m, -85/+81 m); Liangfengdong (1913 m, -51/+35 m); Xiadong (1412 m). (FB)
Source : BBS

Auct. var. (1995): Donghe 92, karsts de Chine centrale.-
Karstologia Mémoires n°6, 1995: 240 p. (16 tableaux, 100 figures, 17 photos, résumés français, anglais, allemand, chinois).
PLONGEE SPELEO CLUB JEUNES ANNEES DE VENISSIEUX; INSTITUTE OF GEOLOGY ACADEMIA SINICA; KARST & GROUNDWATER RESEARCH DIVISION; URA 1978 DU CNRS - DYMSET (TALENCE). Compte rendu de travaux spéléologiques et scientifiques en Chine centrale (Hunan et Hubei): contexte géologique et climatique, description et topographie des cavités, hydrogéochimie, géomorphologie, sédimentologie, pédologie, évolution morphologique des karsts de pays agraires, exploitation du karst, logistique. (FB).
Source : BBS

ZHANG, Shouyue (1993): Grand caves of China.-
Proceedings XI Intern. Congress of Speleology, 2nd-8th August 1993, Beijing 1993: 236-237 (3 tab.) (chines. summ.).
Lists 21 caves with more than 200 m in elevation (Zhaidong -552 m; Gebihe -445 m, Wuajidong -430 m etc.); and 19 caves with more than 4,8 km in length (Tenglongdong 33,52 km; Duobingdong 17,2 km; Baimodong 13,7 km etc.). (RB).
Source : BBS


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Topographie 0




Expédition 1


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