dong Longdonggou - 龙洞沟

Détail


est une entrée de :
Longdonggoushangdong - 龙洞沟上洞
Nom de la grotte : Longdonggou - 龙洞沟
Autres noms : Gorge du dragon
Province, Préfecture, District :
Guizhou 贵州省, Zunyi Shi 遵义市, Zheng'an 正安
Latitude Nord - Longitude Est :
28.28918441 - 107.236527
Altitude (m) : 1420
2Entrée : Longdonggou 龙洞沟, Longdonggoushangdong 龙洞沟上洞,

Carte



Description 1



Longdonggou (11)

La traversée de Longdonggou est d’un parcours facile. C’est la première traversée perte-résurgence explorée dans ce secteur. La rivière s’écoule au-dessus des schistes argileux et ne rencontre le Cambrien qu’en aval de la résurgence.

Accès : garer le véhicule tout terrain au carrefour entre les deux pistes Jinzhongshan depuis Shuanghe et Zheng’an. Descendre en direction de Zheng’an en scrutant la végétation sur la gauche et descendre par la première sente disponible. Il semble qu’il n’y en ait pas de meilleure. On bataille dans les bambous nains, puis on descend en forêt dans une large doline à fond plat. Selon la saison, il sera préférable de la traverser ou de la contourner, mais ce ne sera jamais commode. Au nord, elle se resserre et est prolongée d’un vallon avec un sentier à vache sur sa droite. On remonte donc vers le nord et à notre gauche il y a un ruisseau temporaire qui provient d’une cascade et se perd dans un ensemble de fissures colmatées. Un peu plus loin, un vallon part sur la gauche, on quitte le sentier à vache pour le remonter et on trouve rapidement un canyon avec un ruisselet qui se perd sur le côté. C’est l’entrée supérieure de Longdonggou, nommée Longdonggoushangdong.

La traversée

On entre courbé dans une fissure prolongeant le canyon, il faut se frotter un peu aux parois, mais ce n’est pas vraiment étroit. Après un coude, on arrive à un puits de 5m que l’on descend en varappe non sans l’avoir préalablement traversé afin d’inspecter le bref diverticule - un puits remontant dans une fracture - qu’il y a en face. Au pied du P5, la rivière est un peu plus importante. Elle coule dans une galerie confortable et de faible pente. Un surcreusement malcommode se contourne par le dessus. Il faut alors descendre un ressaut de 4 m. On avance dans la fracture jusqu’à la prochaine croisée de diaclases qui provoque un nouveau coude sur la gauche. On arrive devant une trémie, mais la galerie repart sur la droite, plus grande, plus large et l’on s’y avance d’un bon pas. Dans une grande ligne droite, on trouve une escalade de 6 m sur la gauche. Elle donne accès à une fracture parallèle qui repart vers l’amont. On traverse une petite trémie, puis une petite salle et on reprend un bout de fracture allant au nord-ouest, qui est la direction générale de fracturation. On découvre ensuite une galerie anastomosée à deux reprises et on monte dans une nouvelle trémie que l’on franchit. On est dans une ultime salle, avec un puits remontant d’un côté et une trémie de l’autre. Le courant d’air indique qu’il y a une entrée supérieure. Quelques feuilles sèches suggèrent qu’elle n’est plus très loin.

Dans la galerie principale, après l’escalade de 6m, la direction échappe à la fracturation orientée nord-est et on a un large coude vers le sud. Les galeries que l’on aperçoit dans les hauteurs de ce coude ont toutes été atteintes par diverses acrobaties et ne présentent que des bouclages supérieurs sans intérêt. Progressivement, le lit du ruisseau change d’aspect et un chenal dans un remplissage glaiseux vient remplacer le cailloutis. Sur la droite - dans un virage, en haut du talus de glaise - partent deux fractures parallèles menant toutes deux à des trémies. La première débute par un replat où la dessiccation des sédiments forme comme une mosaïque, puis après un petit ressaut, elle est exempte de remplissage jusqu’à son extrémité. La seconde fracture est légèrement active au départ, on franchit une première trémie et on est bloqué par la seconde.

La galerie principale continue en s’agrandissant encore progressivement, il y a un dernier diverticule en hauteur, puis on débouche au-dehors, dans un large canyon. La rivière qui sort un peu plus en aval semble se poursuivre en petites cascades jusqu’au saut final dans le tiankeng de Duiwodong.

Ce qu’apporte cette exploration

On hésite toujours beaucoup avant de partir en prospection sur le plateau de Shuanghe. Les reliefs complexes et la végétation dense rendent le paysage peu lisible. L’imagerie satellite disponible sur Internet rend toutefois certaines formes trop obsédantes pour qu’un spéléologue résiste bien longtemps à l’envie de se rendre sur place voir ce qu’il en est. C’est ainsi qu’a été découverte Longdonggoushangdong, l’entrée supérieure du petit système de Longdonggou.

À défaut de nous procurer un accès au réseau de Shuanghedong, cette découverte nous permet de lever un malentendu en trois étapes :

- en 2003, une équipe en prospection avait repéré le tiankeng de Duiwodong sans en relever le nom. Nous avions donc retenu pour le désigner le nom « Longdonggou », lisible sur la carte topographique à cet emplacement ;

- en 2014, désireux d’en découdre avec ce mystérieux gouffre, nous avions demandé à Zhao Zhongguo de nous mener à Longdonggou, ce qui nous a valu une longue marche, dans la neige, passant à proximité du sommet du massif pour redescendre vers Duiwodong. Alors que nous avions en vue l’objectif tant convoité, le guide local nous amenait d’abord à le contourner, puis résolument à nous en éloigner. Comprenant qu’il y avait un loup, nous avions rebroussé chemin et nous sommes rendus à notre objectif du jour (pour une exploration qui se termina fort tard dans la nuit, mais c’est une autre histoire) ;

- fin 2017, à l’issue de l’exploration de cette petite traversée, le report sur carte avec la trace GPS de 2014 nous a confirmé que le guide nous menait tout droit à la résurgence perchée de Longdonggou.

C’est donc définitivement à tort que Longdonggou a été cité dans les publications précédentes en tant que nom du tiankeng de Duiwodong.

D’après la carte géologique, la résurgence de Longdonggou se trouve exactement à la limite de l’Ordovicien et du Cambrien, les strates quasiment horizontales étant recoupées par le versant. La grande doline que l’on traverse pour y accéder constitue une de ses alimentations. Le drainage est tout d’abord conditionné par les diaclases puis l’axe collecteur suit l’appel au vide que procure le tiankeng de Duiwodong par une galerie bien creusée. Le remplissage constaté est sans doute dû à un écroulement ayant formé un barrage à la sortie. L’eau franchit généralement l’obstacle par des sous-écoulements, mais inonde plus largement la galerie en hautes eaux. [Jean Bottazzi]

AUT. VAR (2019)
Jean BOTTAZZI, Éric SANSON, Bruno HUGON, Olivier TESTA, Alain MAURICE, Marc GUICHOT, Florence GUILLOT, Cécile PACAUT, Marc FAVERJON, Marc TREMBLAY, Amandine LABORDE, Nicolas FAURE, Emmanuel VITTE, Jessica MORIN-BUOTE, Éric DAVID, Éric LECUYER, Éric MADELAINE, Gilles CONNES.
Topographes
Jean BOTTAZZI, Éric SANSON, Bruno HUGON, Nicolas FAURE, Olivier TESTA, Barnabé FOURGOUS, Pascal ORCHAMPT, Emmanuel VITTE, Éric DAVID, Marc TREMBLAY, Florence GUILLOT, Fabien MULLET, Marc FAVERJON, Charles BUTIN, Cécile PACAUT, Alain MAURICE, Gilles CONNES, Jes- sica MORIN-BUOTE, Michel ISNARD, Jean-Pierre BARBARY, Patrick LETOURNEL, Marc SÉCLIER, Marc GUICHOT, Vivien MOINAT, Éric MADELAINE, Silvia ARRICA, Silvère PASTUREAU, LIZIXIN, Éric LECUYER, Thierry MONGÈS, Amandine LABORDE, Daniel BETZ, Olivier JÄRMANN, Christian DELAIRE.
Coordination, rédaction, synthèse topographique et composition :
Jean BOTTAZZI
Spelunca Mémoires n° 39 (2019)
Voyages en terre chinoise tome 5. Expéditions spéléologiques franco-chinoises 2011-2019 dans les grottes de Suiyang Shuanghedong

Analyse : gkc-JPB

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Bibliographie 1



AUT. VAR (2019)
Jean BOTTAZZI, Éric SANSON, Bruno HUGON, Olivier TESTA, Alain MAURICE, Marc GUICHOT, Florence GUILLOT, Cécile PACAUT, Marc FAVERJON, Marc TREMBLAY, Amandine LABORDE, Nicolas FAURE, Emmanuel VITTE, Jessica MORIN-BUOTE, Éric DAVID, Éric LECUYER, Éric MADELAINE, Gilles CONNES.
Topographes
Jean BOTTAZZI, Éric SANSON, Bruno HUGON, Nicolas FAURE, Olivier TESTA, Barnabé FOURGOUS, Pascal ORCHAMPT, Emmanuel VITTE, Éric DAVID, Marc TREMBLAY, Florence GUILLOT, Fabien MULLET, Marc FAVERJON, Charles BUTIN, Cécile PACAUT, Alain MAURICE, Gilles CONNES, Jes- sica MORIN-BUOTE, Michel ISNARD, Jean-Pierre BARBARY, Patrick LETOURNEL, Marc SÉCLIER, Marc GUICHOT, Vivien MOINAT, Éric MADELAINE, Silvia ARRICA, Silvère PASTUREAU, LIZIXIN, Éric LECUYER, Thierry MONGÈS, Amandine LABORDE, Daniel BETZ, Olivier JÄRMANN, Christian DELAIRE.
Coordination, rédaction, synthèse topographique et composition :
Jean BOTTAZZI
Spelunca Mémoires n° 39 (2019)
Voyages en terre chinoise tome 5. Expéditions spéléologiques franco-chinoises 2011-2019 dans les grottes de Suiyang Shuanghedong

Source : gkc-JPB


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