dong Shenkongdong -

Détail


Nom de la grotte : Shenkongdong -
Autres noms : Grotte du Dieu
Province, Préfecture, District :
Hubei 湖北省, Enshi 恩施土家族苗族自治州, Enshi 恩施市
Latitude Nord - Longitude Est :
30.2508 - 109.7923
Altitude (m) : 1060
Développement (m) : 4 531
Profondeur (m) : 169
Profondeur - / + (m) : 147 / 22
Volume (m3) :
1Entrée : Shenkongdong ,

Carte



Description 1



Accès

Depuis Xintang, prendre la route, à l’ouest, qui monte par 2 lacets très raides en direction du hameau de Jiao Chang Ba. Après 15 à 20 min, s’arrêter près des fermes. Prendre un sentier, au sud, qui descend entre les champs jusqu’à un vallon cultivé de plants de tabac, ainsi qu’un séchoir. Suivre le ruisseau qui mène, par une diffluence sur la droite, à un beau porche.

Exploration

La cavité est explorée et topographiée en deux temps. Le 21 août 2014, Jean-Marc et Mathieu Verdet explorent la rivière sur 1280 m, pendant que Josiane Lips, Christophe et Claude-Pascale Duval, et Thomas Philippe explorent environ 2000 m de grosses galeries fossiles, siège d’anciennes exploitations du salpêtre.

Puis le 22 août 2014, Fred Delègue et Audric Poggia explorent et topographient la suite de la rivière jusqu’à un siphon terminal sur 1400 m. Le même jour, une autre équipe, Jean-Marc Verdet et Alexandre Schalk, fait la topographie de la grande salle d’exploitation du salpêtre et des galeries y attenant sur 1850 m. Une pointe d’exploration donne encore environ 600 m de galeries non topographiées en direction du siphon terminal. Pendant ce temps Thomas Philippe, Mathieu Verdet et Jean-Marie Briffon, accompagnés de Sissi, notre étudiante chinoise dont c’est la première sortie sous terre, font des photos de la cavité.

Description

La galerie d’entrée

Dès l’entrée, le pli est donné. Traces de crues, rochers, petits lacs et courant d’air nous accueillent. Sur la droite du porche, quelques petites galeries en diaclases, puis c’est un grand volume souterrain qui s’ouvre à nous vers l’ouest. Sur la gauche, une remontée ébouleuse débouche à ciel ouvert au fond d’une doline profonde, visible d’ailleurs sur les photos satellites. La salle traversée, la galerie devient plus haute et moins large, occupée ça et là par des petits lacs peu profonds habités par quelques têtards et poissons dépigmentés. Au bout de 400 m de galerie ressemblant à un canyon lisse et propre quasi horizontal, le faciès de celle-ci change, elle s’élargit et du sable, des cailloutis et des rochers jonchent le sol. Puis 100 m encore, et sur la droite la paroi rocheuse disparaît et c’est un énorme talus terreux d’une trentaine de mètres qui nous surplombe. Un sentier taillé avec des marches, remonte le talus. (voir chapitre «salle du Salpêtre »)

La rivière

Restant au pied de cet énorme amas d’argile sec, nous poursuivons la rivière, parsemée de galets, rochers et gros blocs, puis nous retrouvons la paroi de droite en roche-mère. Quelque 200 m plus loin après un grand virage à droite, un affluent majeur surgit sur la gauche, apportant à la galerie un débit d’eau conséquent, et un courant d’air sensible. Nous n’explorons pas cet affluent par manque de temps.

A cet endroit, la galerie est chaotique, et d’énormes blocs rocheux gros comme des maisons semblent stopper la continuation mais, en les contournant, nous accédons à une salle où s’écoule la rivière entre les rochers. Sur la droite, nous retrouvons l’énorme talus terreux et un sentier taillé de marches semble le remonter. Mais la rivière se faufile entre les gros rochers, et finit par tomber en petite cascade dans la suite.

La largeur de la galerie se rétrécit mais les hauteurs sont toujours impressionnantes. Plusieurs vasques se succèdent. La rivière parcourt un grand canyon. Il est entrecoupé de deux plans d’eau à traverser à la nage (galerie des Lacs). La configuration de la galerie est identique sur quelques centaines de mètres. Elle s’élargit de nouveau pour arriver sur une grande vasque (vasque de la Pirouette). Son contournement s’effectue par la gauche en vire mais le passage est délicat et une chute dans l’eau est possible (d’où son nom). La salle de la Rencontre est située juste en aval. Il s'agit d'un immense chaos. La galerie fossile rejoint l’actif au niveau de cette salle. La pente de la rivière devient ensuite plus importante. La largeur et la hauteur de la galerie diminuent fortement. La progression s’effectue dans un canyon étroit. La galerie s’élargit de nouveau au niveau d'un nouveau chaos. Alors que jusqu'à ce point la galerie était propre, sans aucune trace de boue, celle-ci fait son apparition. La boue s’accumule sur les côtés, des traces de crue sont visibles également. La boue devient de plus en plus omniprésente au fil de la progression et les traces de mise en charge sont visibles pratiquement jusqu’au plafond. Le siphon se trouve quelques dizaines de mètres plus loin en aval et la vasque est assez large pour tenter une plongée.

La salle du Salpêtre

Retour au premier talus terreux de trente mètres de haut que nous avons rencontré quelques centaines de mètres auparavant...

Un sentier taillé de marches dans le raide talus nous emmène 30 m plus haut à l’entrée d'une énorme salle terreuse, au plafond plat à 40 m de hauteur. Dans ce volume de 400m de long par 100 à 150m de large, nous évoluons sur deux grandes plateformes terreuses horizontales qui dominent sur la droite une importante exploitation d’extraction de salpêtre.

Nous trouvons une dizaine de bacs de décantation, dont 2 bacs géants jamais encore rencontrés de 3 m de diamètre par 1,80m de profondeur. Nous trouvons aussi un lieu de campement ou bivouac de mineurs, avec couchettes, fourneaux de cuisine, ainsi que des niches de rangement, le tout taillé dans la paroi d’argile sèche. Dans la première partie de cette salle trônent deux énormes stalagmites de 3 m de diamètre pour une quinzaine de haut, encore actives.

Par deux fois sur la gauche de la salle, la plateforme d’argile s’est effondrée, laissant un accès à la rivière active. Par le deuxième effondrement, on peut rejoindre le torrent souterrain par un sentier taillé en marches dans l’argile, pour arriver dans la salle après les gigantesques blocs rocheux gros comme des maisons, juste avant le canyon souterrain.

Au fond nord de la salle d’exploitation du salpêtre, nous progressons maintenant dans une grosse galerie encombrée de gros blocs rocheux qui proviennent de la paroi de gauche, et se décollent suivant les strates et fissures, en blocs anguleux, pour certains gros comme des maisons. Sur la droite en contrebas, une petite galerie terreuse nous emmène vers un tout petit actif que les mineurs de salpêtre captaient pour l’exploitation.

Plus loin, la galerie réduit soudainement son gabarit par deux fois, nous faisant ressentir un courant d’air aspirant. Une cinquantaine de mètres après, nous arrivons à une bifurcation. Sur la gauche, suivant une galerie jonchée de rochers et finalement d’argile molle, nous arrivons après un ressaut, à un balcon surplombant de 5 m la rivière.

Retour à la bifurcation précédente, nous nous engageons dans une galerie basse mais encore confortable, jusqu’à un chaos de gros blocs rocheux. Contournant ceux-ci, nous entendons la rivière, et la rejoignons sur une plage sableuse, dans une salle, en fait un élargissement de la partie active.

Dans le chaos de gros blocs précédent, nous nous faufilons entre ceux-ci et entrons par le haut dans une grande salle, jonchée de gros blocs rocheux argileux gros comme des camions, qui plonge vers une galerie quelque 20 m plus bas. Dans cette salle, des traces de crues très anciennes ont laissé plein d’indices. Branchettes, morceaux de bambous et feuilles, le tout tombant en poussière au moindre toucher, jusqu’à plus de 30 m du fond indique que nous approchons d’un siphon qui n’a pas pu absorber le flux d’eau de la rivière, il y a très longtemps. De fait, la galerie du fond de cette salle a été explorée très rapidement sur 200 à 250 m jusqu’à retrouver la rivière au dessus d’un siphon. Cette dernière jonction avec l’actif n’a malheureusement pas été topographiée.

Perspectives

L’affluent sud-ouest reste à explorer et à topographier.

La galerie de jonction avec la rivière au nord vers le siphon reste à topographier et explorer plus finement.

Dans la galerie à 400 m de l’entrée, nous avons cru voir une galerie en hauteur, sur la gauche, qu’il faudrait aller voir.

Ouvrage collectif synthèse Bernard Lips, Patrick Schalk, J.M Verdet, Ch. Duval, Jean-Marie Briffon; corrections de Josiane Lips
Spéléologie au pays de l'Homme Sauvage N°11 – 2014. Rapport de la 11ème expédition spéléologique en Chine A.K.L. 2014 Province de l’Hubei
Analyse :

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Bibliographie 1



Ouvrage collectif synthèse Bernard Lips, Patrick Schalk, J.M Verdet, Ch. Duval, Jean-Marie Briffon; corrections de Josiane Lips
Spéléologie au pays de l'Homme Sauvage N°11 – 2014. Rapport de la 11ème expédition spéléologique en Chine A.K.L. 2014 Province de l’Hubei

Source :


Images 0



Topographie 2



topographie Shenkongdong
Source : Akl
topographie Shenkongdong
Source : Akl

Expédition 1


Cette grotte a été identifiée ou explorée au minimum par cette (ces) expédition (s) :




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