expeShuanghe long 2019


Nom : Shuanghe long 2019
Année : 2019
Date :
Nationalité : Française / Italienne
Organisateurs :
Liste des membres : [0]
Anne Cholin, Bruno Hugon, Cécile Pacaut, Eric Sanson, Eric David, Gianluca Melis, Jean Bottazzi, Jean François Fabriol, Marc Faverjon, Marco Lunardi, Maud Faverjon, Silvia Arica, Yves Marang.

Résumé :

Résumé : Cette expédition est restée sur Suiyang Shuanghedong, où nous avons aussi tenu le stage annuel de l’école de spéléo.

Participants : Anne Cholin, Bruno Hugon, Cécile Pacaut, Éric Sanson, Éric David, Gianluca Melis, Jean Bottazzi, Jean-François Fabriol, Marc Faverjon, Marco Lunardi, Maud Faverjon, Silvia Arrica, Yves Marang.

Cette expédition était parrainée par la CREI ainsi que la Societa Speleologica Italiana.

Déroulement : Les conditions météo étaient plutôt favorables, les routes ouvertes et les chauffeurs ont vaillamment fait face aux difficultés dues à la boue des premiers jours. Nous étions logés à Shuanghe même dans des conditions logistiques optimales avec une salle pour nos réunions et une autre pour stocker le matériel à côté des chambres. Des équipes de journalistes locaux et de la télé japonaise NHK nous ont parfois accompagnés pour faire des images sans beaucoup nous perturber dans nos explorations. Des maux de ventre ont frappé la plupart des participants de façon plus ou moins longue et parfois totalement incapacitante.

Nous nous étions donnés pour priorité la grotte de Huoyanping. En bas du grand puits, nous avons topographié 1854 m et porté la profondeur de ce système à 533 m. Le développement total est maintenant de 10 km, mais les principales branches explorées ne continuent pas. Nous avons également photographié les nombreux ossements dispersés en bas du grand puits avec l’aide d’une équipe de l’université de Guiyang dont la tâche est de préparer un dossier pour déclencher des études ultérieures.

D’autres explorations ont été menées :

- en misant sur l’absence de crue, nous avons pu réaliser à -355 m la jonction entre Xinjiawandaxiaokeng et le réseau de Shuanghe dans le méandre gratiné aux choux-fleurs de Xinjiawanliangfengdong. La cavité présentant encore une branche intéressante à explorer, étant plutôt difficile, physique et mobilisant relativement peu de matériel, elle n’a pas été déséquipée. Bien que 239 m seulement de topographie aient été levés, cette exploration a permis d’ajouter au réseau de Shuanghedong les 3,7 km de Xinjiawandaxiaokeng; - toujours en profitant d’une météo stable, nous avons pu poursuivre l’exploration d’une cavité techniquement difficile et comportant de nombreuses cascades : Yangjiagoudaxiaokeng. La jonction avec le réseau de Shuanghe a pu être faire in extremis à la profondeur de -473m et au bout de 881m dans la rivière d’Ain de Duiwodong. La plupart des cordes ayant peu de chances de survivre à des épisodes de fortes crues, les cordes engagées, plus de 500 m, ont été retirées.

Cette jonction a augmenté le développement du réseau de plus de 3 km. Yangjiagoudaxiaokeng est la nouvelle entrée haute du réseau dont l’extension verticale est maintenant de 665 m;

- Liangfengdong, une petite résurgence, dont l’entrée est la plus basse explorée sur le secteur, a été poursuivie. L’amont actif principal a été remonté jusqu’à déboucher en surface par une entrée qui nous était inconnue. 1373m ont été topographiés, la grotte développe désormais 2532 m et la traversée présente un dénivelé de 186 m;

- au registre des grottes dont l’exploration a été poursuivie pendant l’expédition, on trouve aussi Luoshuikong où l’aval principal, qui coule dans une fissure, a été prolongé de 459 m;

- dans le réseau lui-même, deux explorations seulement ont été entreprises. L’une dans Shanwangdong, 121 m, l’autre dans Mahuangdong, 1030 m;

- nous avons également exploré depuis leurs entrées douze autres cavités totalisant 1872m. La plus impressionnante est le P300 de Ganjiawanxiaokeng qui descend directement de la surface au niveau de base local ou malheureusement il n’y avait pas de continuation exondée lors de l’exploration.

Au total, l’expédition a exploré et topographié 7, 9 km de cavités. Jeff et Yves, Sylvia et Gianluca ont consacré l’intégralité de leur temps à la photographie, avec le soutien ponctuel et indispensable de participants et des spéléos chinois, y compris des pompiers de Guiyang venus se familiariser au monde souterrain en complément de leur formation, offrant une autre façon de montrer ce qu’est ce réseau fantastique. La longueur topographiée du réseau de Shuanghe à l’issue de cette expédition est de 257,366km, il comporte soixante-deux entrées et son dénivelé est désormais de 665m. Le massif comporte cent soixante-quatre autres cavités topographiées totalisant 89 km et cent quatre-vingt-douze entrées.

On peut remarquer que depuis que le développement de 100 km a été franchi, chaque année, le réseau grimpe d’un rang au palmarès mondial des cavités les plus longues. Cette année, il s’en est fallu de très peu, 366 m. Il n’est pas du tout certain que l’an prochain nous puissions atteindre le quatrième rang mondial. Bien que le nombre de points d’interrogation sur la topographie ne fasse qu’augmenter, la difficulté et l’engagement des explorations ne dépend maintenant plus seulement de leur éloignement depuis l’entrée, mais de la nécessité de réaliser des traversées depuis des entrées de plus en plus élevées et donc des cavités jeunes, actives et parfois étroites. Le rôle des spéléos chinois est de plus en plus important, il est certain que la présence notamment de Xiaoheima (Zhao Fei) et Xiaocong (Liu Jia) a eu sur les explorations un impact très positif.

Une conférence de presse s’est tenue en fin d’expédition. Nous avons insisté sur la nécessité de déclencher des études archéo-paléontologiques notamment sur le site de Huoyanping.

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