dong Daodongcao -

DAO DONG CAO (GROTTE DE LA TURBINE)
x : 35,90 ; Y : 77,65 ; z : 1650 m
Développement: 1287 m Dénivellation : 91 m (+14 m, -77 m)
• Situation:
La perte est marquée sur les cartes où elle apparaît de la même importance que la perte du Dragon. Elle s'ouvre sur le bord d'une belle prairie à une centaine de mètres en contrebas de la route.
• Description de la cavité:
La rivière qui coule dans la prairie s'écoule dans une perte peu engageante mais pénétrable (galerie 1 x 1 m). La grotte qui nous intéresse est l'ancienne perte fossile. Pour atteindre le majestueux porche de Dao Dong Cao, il faut gravir un gigantesque éboulis, recouvert de ronces et d'arbustes, probablement dû à l'écroulement d'un pan de falaise. Celui-ci masque en grande partie le porche. Au sommet de l'éboulis, il n'y a plus qu'à redescendre quasiment le même dénivelé pour rejoindre la base de la galerie, à la cote -33 m par rapport au seuil. La lumière du jour pénètre jusqu'à 150 m à l'intérieur de la cavité. La galerie est large de 15 à 20 m pour une hauteur équivalente. Elle tourne rapidement vers le nord. Une galerie, de dimensions modestes, vers l'ouest, est colmatée au bout de 20 m. Un peu plus loin, un énorme départ en direction de l'est permet de parcourir une très belle galerie, de section presque parfaitement carrée colmatée au bout de 120 m.
La galerie principale est encombrée par les éboulis. Un virage en épingle à cheveux ramène sa direction vers l'ouest. Il existe peut-être un départ en hauteur, accessible par une escalade en artificiel, vers le nord, dans le virage. Les éboulis font place à un important colmatage de glaise glissante qui atteste d'une mise en charge périodique. La progression est malaisée. Un point bas (-40 m) marque le point d'absorption des eaux. Les dimensions de la galerie deviennent gigantesques : 25 à 30 m de large pour une hauteur équivalente. La glaise disparaît au pied d'un gigantesque éboulis remontant. Des murs, des fours, des sentiers bien tracés attestent que la cavité a été le siège d'une exploitation intensive de salpêtre. L'éboulis remonte inexorablement jusqu'au plafond (point haut de la cavité à +14 m par rapport au seuil d'entrée). Une fouille minutieuse ne permet de trouver ni suite ni même trace de courant d'air.
En redescendant l'éboulis, il faut suivre la paroi nord pour découvrir un modeste départ de galerie, siège d'un important courant d'air. Une petite remontée mène à un carrefour. La galerie est colmatée vers l'est mais un petit boyau redescend en direction de l'ouest. Le courant d'air sort bruyamment d'une lucarne donnant accès à un ressaut de 4 m. C'est la Turbine. Dans l'ensemble de ce petit réseau, les mineurs ont tamisé des volumes importants d'éboulis pour en extraire le salpêtre.
Le ressaut amène dans un petit labyrinthe creusé à la faveur d'une diaclase est-ouest. Le courant d'air est omniprésent. Divers puits mènent à un étage inférieur. Nous avons équipé un P 17 avant de nous apercevoir que la galerie inférieure est accessible par une descente en pente douce.
Pentes boueuses, ressauts et vires rendent la recherche du meilleur itinéraire difficile. Au bout de 80 m, la galerie rejoint un conduit beaucoup plus grand. Il s'agit de la continuation, en aval du grand éboulis, de la galerie principale. L ' omniprésence de gigantesques accumulations de boue et le profil tourmenté de la galerie ne permettent malheureusement pas une progression aisée. Les explorations se sont arrêtées au bout de 120 m. La majeure partie de la galerie est colmatée par la boue. Mais le courant d'air semble provenir d'une amorce de galerie au sommet d'un ressaut de 5 m qu'il reste à escalader. Nous sommes à-56 m par rapport à l'entrée et la base du talus d'argile terminal représente l'actuel point bas de la cavité à -77 m.
Les mineurs chinois ont exploré la cavité au moins jusqu'à notre terminus. A la lecture du report de surface, il semble assez évident qu'il existe un rapport direct entre cette perte et la source Noire située dans le même axe de fracturation, à moins de 3 km.
• Exploration:
Lundi 18 août, l'équipe, de retour d'un séjour de trois jours en Hubei, repère la cavité et effectue une courte reconnaissance.
Mercredi 20 août, Bernard, Fabrice, Lulu et Bébert explorent et topographient la grande galerie, le passage de la Turbine et une partie de la galerie glaiseuse (910 m).
Jeudi 21 août, Lulu, Jean-Marc et Anne rééquipent le puits terminal atteint la veille et progressent d'une centaine de mètres, s'arrêtant sur une pente glaiseuse faute de corde.
Vendredi 22 août, Fabrice, Guy et Bilou avancent d'environ 300 m dans une grande galerie, suite de la galerie d'entrée. La boue gêne la progression . Ils s'arrêtent dans une zone particulièrement argileuse faute de temps.

DEGOUVE, Patrick; SIMONNOT, Guy (1999) : La région de Xin Long.-
Spéléologie au pays de l'Homme Sauvage, Aventures Karstiques Lointaines 1997 N°3: 65-111 (3 cartes, 1 dessin., 32 topo.).
Analyse : BBS
Expédition d'août 1997 en Chine: cadre géologique et description des principaux phénomènes karstiques reconnus durant l'expédition dans la région de Xin Long. 36 km. topographiés sur 31 cavités. (Long Qiao Dong: 6700 m., +140 m.; Grotte des Trois Yeux: 6330 m., +170 m.). (FB).

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