dong Jiaocaidong - 脚踩洞

2. Jiaocaidong - Gouffre de l’empreinte de pas
(fig. 11) - Code : Pa008 - Village Baoji
Lat. : 25°55’20,9” N - Long. : 104°56’10,1” E - Alt. : 1 350 m
Dév. : 413 m - Dén. : - 205 m - Vol. = > 3 000 000 m3
La doline-puits d’effondrement de Jiaocai constitue un remarquable regard sur le cours de la Gesohe souterraine. Cet aven géant est localisé à 1,7 km au NNW de la perte, à 1 350 m d’altitude, soit une centaine de mètres en contrebas du col emprunté par la route (fig. 8 : zone I.A ; point 8). L’entrée rectangulaire, de 200 m x 250 m, est d’ans l’axe de la vallée sèche. La profondeur totale, jusqu’à la rivière souterraine est de 205 m. A l’est, le puits est limité par la trace d’une ancienne cavité de 200 m de long sur 100 m de large, en forme d’empreinte de pas. Cette zone inclinée, actuellement cultivée en terrasses, est bordée par des escarpements de 10 à 20 m de haut.
Les parois de l’aven sont partiellement verticales, voire surplombantes, sur les bordures nord et est. Elles sont fortement inclinées sur les faces sud et ouest, l’ensemble formant un énorme entonnoir. Malgré la raideur de telles pentes, il existe un itinéraire permettant d’accéder à pied jusqu’à la rivière souterraine, mais il est particulièrement aérien et surtout peu sûr dans sa première et dernière partie. Nous avons donc préféré adopter la technique classique. Le départ s’effectue au nord par un parcours en zig-zag profitant de vires équipées en mains courantes. Le premier amarrage s’effectue autour d’un petit buisson. Après un ressaut facile de 2 m, on descend à l’E une première vire herbeuse inclinée sur 25 m, puis on reprend en sens opposé une seconde vire plus inclinée et plus étroite présentant quelques ressauts. Le vide se creuse tandis que la rumeur du torrent souterrain se fait peu à peu plus précise. Un arbuste perché au-dessus du vide invite à un équipement plein vide qui permet de descendre directement un escarpement haut de 25 m. Vers - 60 m, on atteint une très large vire inclinée à 40-45° vers le sud, occupée par une forêt arbustive et broussailleuse. Après une progression d’une centaine de mètres vers le sud-est, la pente s’accentue. Notre guide chinois, qui a tenu à nous accompagner en empruntant le «sentier» nous indique qu’il faut descendre en face. Or ce que nous apercevons, en face, n’est pas rassurant : des bananiers sauvages et d’autres plantes d’un vert émeraude poussant dans une pente redoutable. Notre décision est prise, nous descendons où nous sommes, dans un goulet quasiment vertical, en nous servant d’un bel amarrage sur arbre. Trois relais sont nécessaires afin de nous déporter vers le sud-ouest, à l’abri des pierres empruntant l’axe de la goulotte. A la base, on se situe dans un ravin très incliné qui aboutit rapidement sur un cône d’éboulis instable. Un porche de 30 m de large se dessine en bas, à 100 m vers le sud-ouest, d’où sortent des vapeurs et surtout le grondement de la rivière. Un bloc géant, de 40 m de long, est encastré au nord dans des remplissages conglomératiques plus ou moins indurés : un reste de l’écroulement du toit d’une vaste salle souterraine surmontée sans doute d’une autre cavité.
Passé le porche au sud-ouest, on pénètre dans une galerie de très grandes dimensions. La visibilité est perturbée par la vapeur d’eau produite par la rivière souterraine, d’un débit de 70 m3/s, qui cascade dans les blocs cyclopéens sur une dénivellation de plus de 20. Nous sommes dans la Gesohe souterraine, à la cote altitudinale moyenne de 1 150 m, soit 120 m au-dessus de la perte. La galerie amont se rétrécit en forme de canyon de 5-10 m de large sur plus de 60 m de haut. Au centre, la galerie s’élargit au niveau d’une salle qui n’a pu être mesurée, mais qui mesure au moins 50 à 60 m de large. Les blocs situés sur la rive droite, donc en provenance de l’effondrement de l’aven géant, sont tous grands comme des maisons ou de petits immeubles. La rivière, trop volumineuse, ne peut être traversée, à moins d’envisager des tyroliennes, mais nous n’avons pas le temps. Nous progressons à l’aval sur 60 m en descendant un ressaut de 15 m entre la paroi et un bloc. Le torrent poursuit son chemin vers le nord-ouest. Assurément, une telle rivière ne peut s’explorer qu’en très basses eaux, sans aucun risque de crue, dans des conditions météorologiques stables. Compte tenu du bassin versant, une crue inopinée peut survenir même sans pluie sur le secteur, sans parler de lâchers du barrage. [R. Maire]

"BARBARY, Jean-Pierre; FAURE, Nicolas; MAIRE, Richard; MANGEL, Laurent; MATRICON, Sylvain; VANARA, Nathalie; ZHANG, Shouyue"
Karstologia Mémoires, n° 9 : Voyages en terre chinoise : Chapitre 1
Analyse :
A l'est du Guizhou (Chine), en bordure du Yunnan, le district de Panxian présente de forts dénivelés, le karst occupe 59 % de la surface et les couvertures basaltiques offrent des surfaces de drainage importantes. Un mois d'exploration lors de l'année 2000 a permi de topographier 32 km dans 66 cavités réparties sur quatre zones. La plus impressionante inclut le système perte-résurgence de la Gesohe capable de drainer 1700 m3/s avec de spectaculaires systèmes perte-résurgence sur son cours aval. La perte de Biyundong, 2 km, avait été explorée en 1638 par Xu Xiake. Le petit massif de Dabashan présente des karstifications dans les conglomérats. (BJ).

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