dong Jingxidong - 惊喜洞

Jingxidong (16)
Jingxidong a été découverte fortuitement en 2018 en cherchant Pengjiayuanzi, nous lui avons donné le nom de grotte surprise faute de connaître son toponyme local.
Accès : on peut se rendre par des pistes bétonnées au hameau nommé 槽口田 Caokoutian. De là, monter la combe jusqu’au col situé après la grande doline d’effondrement de Shanwangdong, puis redescendre au lieu-dit 湾里 Wanli où il faut passer dans une étable pour descendre dans le talweg qui part vers l’est. La pente s’accentue à l’approche d’une gorge, puis le sentier part horizontalement sur la droite. C’est à ce coude qu’il faut aller vers la gauche en montant un peu au début pour trouver les entrées 4, 1, 2 et 3 de Jingxidong situées respectivement à 10, 60, 110 et 180m du sentier, sachant que l’entrée évitant les passages étroits est l’entrée 3. Le sentier a tendance à ramener au pied d’un ressaut de plusieurs mètres alors que les entrées sont situées plus bas, au pied une marche moins haute.
L’étage supérieur
L’entrée 1, de 4m de large pour 1m de haut, a pu servir d’abri ou d’enclos, car elle a été partiellement murée au premier resserrement. Le courant d’air est entrant par temps froid. On traverse une petite salle avec une branche colmatée sur la gauche. À partir de là, il faut se baisser pour un bon moment. Le boyau le plus confortable est le plus court, il ressort par l’entrée 4, plus discrète dans le paysage qu’un terrier de lapin.
La suite est à trouver bien avant, sur la droite. C’est un laminoir que l’on suit en choisissant les branches qui descendent pour trouver l’actif. L’amont est impénétrable. On peut y accéder un peu plus haut, en cherchant plutôt à monter qu’à descendre, mais à moins de vouloir forcer une étroiture semis-noyée, il n’y a pas d’issue. À l’aval, le boyau prend un peu de hauteur. Sur la droite, un laminoir très étroit durant quelques mètres permet d’atteindre l’entrée 2.
La rivière est interrompu par un R5 et coule ensuite dans un méandre. On la perd dans un puits défendu par une étroiture impénétrable à son sommet. Le méandre continue jusqu’à une obstruction partielle, une colonne stalagmitique, qui laisse passer un bon courant d’air soufflant. En haut du R5, débute une galerie sèche plus confortable. Son amont est colmaté. L’aval rencontre une galerie encore plus large qui mène, toujours vers l’aval, à un P14 où le courant d’air est également soufflant. Vers l’amont, cette nouvelle galerie remonte selon le pendage qui est très faible. On passe au-dessus d’un P11, puis d’un R4 où le courant d’air s’engouffre, puis on arrive à l’entrée 3.
L’étage médian
On y accède par le R4, dont le sommet était bouché par un gros bloc et qui permet de descendre par une désescalade. En bas, le méandre amont devient trop étroit et présente une courte branche latérale perchée correspondant au méandre cité plus haut. La topographie, la colonne et le courant d’air le confirment. Le méandre aval présente un P10. Il y a des laisses d’eau très noires et très peuplées, notamment par des niphargii et des sangsues cavernicoles.
On voit aussi des fragments de crâne et de mâchoire d’un grand herbivore, probablement un cerf, dont il n’est pas pensable qu’ils soient récents compte tenu de la configuration de la cavité. Plus loin, après un R2, coincé à mi-hauteur du méandre et pris dans une stalagmite, on reconnaît la mâchoire d’un panda.
On entend un actif, mais il est inaccessible. Le bruit provient d’une fissure à la base d’un ressaut d’1m. Le méandre continue ventilé par un courant d’air nettement aspirant. On passe en opposition au-dessus d’un P11. Un peu avant, en sommet de méandre, un boyau latéral part perpendiculairement rejoindre la base du P14 qui marquait un terminus de l’étage supérieur. En aval du P11, sans le descendre, on arrive à un carrefour où la suite est à droite et où un nouvel accès à la base du P14 se situe sur la gauche. La suite utilise clairement une diaclase. On avance en opposition au-dessus d’un P7 en bas duquel d’étroits passages sans suite ont été explorés, puis, après un coude à 90°, on arrive sur un puits de 12m fractionné en deux parties. En bas, l’aval est une galerie surcreusée, très boueuse et non ventilée devenant progressivement impénétrable. L’amont est bouché par une coulée de calcite. Une suite peut être atteinte en passant en opposition au-dessus du P12. C’est un méandre fossile menant à un ressaut de 3 m en bas duquel après une étroiture on rejoint l’étage inférieur. Depuis la petite salle au-dessus du R3, débute une fracture très concrétionnée qui se rétrécit pour devenir impénétrable.
L’étage inférieur
Il consiste en un long méandre qui débute en bas du P11. Plus on avance, plus le courant d’air s’estompe, plus le plafond s’abaisse et plus les concrétions menacent de bloquer le passage. On passe sous la diaclase aval de l’étage médian et on est finalement bloqué par une coulée trop encombrante et une flaque d’eau dans une étroiture.
On entend le grondement caractéristique d’un courant d’air accéléré par l’effet venturi. On est à 50 m seulement de l’extrême amont de Piaoshuiyandong.
Perspectives : C’est surtout le caractère atypique du comportement du courant d’air, aspirant en hiver pour une cavité située relativement haut, qui a motivé une exploration complète et détaillée de cette cavité de petit gabarit, même si les passages étroits sont globalement évités par l’entrée N°3. En fait, on est probablement dans un cas de courant d’air principalement circulaire qui pourrait s’expliquer par une légère injection d’air chaud au point bas.

AUT. VAR (2019)
Jean BOTTAZZI, Éric SANSON, Bruno HUGON, Olivier TESTA, Alain MAURICE, Marc GUICHOT, Florence GUILLOT, Cécile PACAUT, Marc FAVERJON, Marc TREMBLAY, Amandine LABORDE, Nicolas FAURE, Emmanuel VITTE, Jessica MORIN-BUOTE, Éric DAVID, Éric LECUYER, Éric MADELAINE, Gilles CONNES.
Topographes
Jean BOTTAZZI, Éric SANSON, Bruno HUGON, Nicolas FAURE, Olivier TESTA, Barnabé FOURGOUS, Pascal ORCHAMPT, Emmanuel VITTE, Éric DAVID, Marc TREMBLAY, Florence GUILLOT, Fabien MULLET, Marc FAVERJON, Charles BUTIN, Cécile PACAUT, Alain MAURICE, Gilles CONNES, Jes- sica MORIN-BUOTE, Michel ISNARD, Jean-Pierre BARBARY, Patrick LETOURNEL, Marc SÉCLIER, Marc GUICHOT, Vivien MOINAT, Éric MADELAINE, Silvia ARRICA, Silvère PASTUREAU, LIZIXIN, Éric LECUYER, Thierry MONGÈS, Amandine LABORDE, Daniel BETZ, Olivier JÄRMANN, Christian DELAIRE.
Coordination, rédaction, synthèse topographique et composition :
Jean BOTTAZZI
Spelunca Mémoires n° 39 (2019)
Voyages en terre chinoise tome 5. Expéditions spéléologiques franco-chinoises 2011-2019 dans les grottes de Suiyang Shuanghedong

Analyse : gkc-JPB

5890 caractères - Lu 110 Fois




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