dong Liexiongxiaokeng - 猎熊消坑

Liexiongxiaokeng (13)
Cette cavité a été découverte en cherchant une entrée pouvant expliquer la présence du premier des squelettes d’ursidés trouvés dans Suanzaodong. C’est une perte labyrinthique où les étages se conforment à la répartition des couches de marne. En cela, ce complexe petit réseau ressemble fortement à Dalukan, dans le secteur de Xinjiawan. La première couche marneuse est très similaire. La proximité de Shuidong - avec dans ce secteur un gros puits remontant - permet d’espérer une jonction rapide. Il est très peu probable que l’ursidé de Suanzaodong soit arrivé indemne en passant par cette entrée. Le nom donné par les autochtones est Xiaokeng, ce qui est le terme générique pour les pertes. Liexiong (chasse à l’ours) n’est qu’une allusion à l’anecdote de la découverte.
Accès : Depuis le village de Guihua, la piste montant vers Pixiaodong est désormais bétonnée. Au col, à gauche, jusqu’au hameau de Lantian. Le sentier part à droite, à flanc de coteau. Il passe devant une ferme. À l’orée du bois, on repère une grande combe tombant en pente raide jusqu’à Muzhutanggou. On aperçoit dans la combe au-dessus du sentier le bouquet végétal caractéristique d’une doline en friche parmi les terrasses cultivées.
L’entrée
En été, la végétation est si dense qu’il était malaisé de savoir s’il y avait ne serait-ce qu’un semblant de trou là en dessous. En forçant les brousailles, un ressaut d’1 m a permis de s’immerger et apercevoir dans la pénombre le fond d’une petite doline de 2 à 3 m de diamètre, toute bouchée. Toute ? Non. Car une fissure ventilée résistait encore et toujours au colmatage. Il a fallu la débourrer. Elle était encombrée entre autres déchets et tessons de bouteilles, d’un téléphone, d’un magnétoscope et de l’inévitable dernier gros bloc récalcitrant.
L’étroiture fait aujourd’hui place à un R2, suivi d’une diaclase aboutissant à un P45 légèrement actif. En bas, il y a une petite salle, avec des petites remontés vers des méandres affluents étroits ou impénétrables. L’eau se perd dans un méandre étroit parcouru sur quelques dizaines de mètres. Il pourrait être poursuivi, mais c’est désagréable et de peu d’intérêt. La suite se trouve en grimpant un petit ressaut à la base du puits, caractérisé par une grosse stalagmite cassée et reprise par la corrosion. En haut de ce ressaut, on devine une petite galerie amont qui pourrait être atteinte en équipant différemment depuis le haut du puits. C’est peut être un objectif intéressant.
L’aval
La suite vers l’aval est complexe. On a tout de suite le choix entre un R2 bien rond et un petit méandre au-dessus. Le R2 est difficile à descendre, mais sa suite est une galerie plutôt confortable avec toutefois quelques passages bas. Le méandre n’est pas difficile et sec. Il est creusé dans une roche marneuse et les prises sont parfois cassantes. Les deux branches se rejoignent en amont d’une sorte de grosse marmite formant un R1. À l’aval du R1, le méandre fossile continue. Si on reste en hauteur, on finit par arriver à un P5 en ayant laissé une courte branche amont sans suite pénétrable. Mais on peut aussi descendre d’un niveau et progresser dans un méandre parcouru par un filet d’eau. On passe ainsi à la base du P5 précédent. Mais on n’avance pas beaucoup plus loin à cause d’un P15. On peut shunter ce puits par un itinéraire qui ne lui est pas vraiment préférable. Au niveau du R1, il y a un petit boyau amont. Il mène immédiatement à un R3. Le petit départ aval immédiatement situé à sa base est impénétrable, mais de l’autre côté, le fond de diaclase est percé d’un P5. Ce puits se descend sans trop de difficulté. Il y a deux petits actifs qui arrivent de deux méandres étroits. L’aval peut être suivi en descendant dans une marmite par un R3 déversant et aux prises douteuses. En bas, on est dans une sorte de laminoir surcreusé. Il y a des arrivées latérales non explorées. Le courant d’air tend à s’inverser. On débouche sur un élargissement avec un P8. En le contournant par une vire, on arrive en bas du P15 précédemment cité. On peut alors retourner jusqu’au R3 par une galerie basse et en remontant un ressaut. En base du P5 part un méandre intermédiaire aboutissant en lucarne dans le P15.
La jonction avec Shuidong
La descente du P8 donne accès à deux réseaux. L’un, en hauteur, fossile, est une galerie méandriforme de petit gabarit courant sur 300 m, direction nord-est, avant de devenir trop étroite. Elle est parallèle au méandre prend le choux-fleur de Shuidong. Elle présente dans son départ un bouclage par un laminoir et un départ en laminoir ventilé vers l’ouest. Une flaque d’eau marque l’arrêt temporaire de l’exploration. En bas du P8, le petit actif part dans un méandre pas bien large. Il s’insinue sous le réseau précédent, puis rencontre une diaclase. L’amont comme l’aval sont étroits. L’aval seulement a été exploré, on avance en opposition dans le sommet d’un méandre jusqu’à un P15. En bas, on est dans Shuidong. [Jean Bottazzi]

AUT. VAR (2019) Jean BOTTAZZI, Éric SANSON, Bruno HUGON, Olivier TESTA, Alain MAURICE, Marc GUICHOT, Florence GUILLOT, Cécile PACAUT, Marc FAVERJON, Marc TREMBLAY, Amandine LABORDE, Nicolas FAURE, Emmanuel VITTE, Jessica MORIN-BUOTE, Éric DAVID, Éric LECUYER, Éric MADELAINE, Gilles CONNES. Topographes Jean BOTTAZZI, Éric SANSON, Bruno HUGON, Nicolas FAURE, Olivier TESTA, Barnabé FOURGOUS, Pascal ORCHAMPT, Emmanuel VITTE, Éric DAVID, Marc TREMBLAY, Florence GUILLOT, Fabien MULLET, Marc FAVERJON, Charles BUTIN, Cécile PACAUT, Alain MAURICE, Gilles CONNES, Jes- sica MORIN-BUOTE, Michel ISNARD, Jean-Pierre BARBARY, Patrick LETOURNEL, Marc SÉCLIER, Marc GUICHOT, Vivien MOINAT, Éric MADELAINE, Silvia ARRICA, Silvère PASTUREAU, LIZIXIN, Éric LECUYER, Thierry MONGÈS, Amandine LABORDE, Daniel BETZ, Olivier JÄRMANN, Christian DELAIRE. Coordination, rédaction, synthèse topographique et composition : Jean BOTTAZZI
Spelunca Mémoires n° 39 (2019) Voyages en terre chinoise tome 5. Expéditions spéléologiques franco-chinoises 2011-2019 dans les grottes de Suiyang Shuanghedong
Analyse : gkc-JPB

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