dong Fanbeijiafengdong - 反背家风洞

Fanbeijiafengdong (42)
Accès : depuis le village de Dawan et la maison de Zhao, prendre vers le nord à la sortie du village. On monte une colline, on bascule et on traverse deux autres villages en direction du nord. On redescend en longeant sur la gauche une colline. Sur le flanc, en bas, à 5 m du chemin, un fort courant d’air soufflant sort de Laolinyakoudafengdong. En continuant le chemin, on remonte dans une vallée sèche. Fanbeijiafengdong se trouve au-dessus du chemin à 10 m sur la droite. L’entrée mesure 1x0,5m et est parcourue par un violent courant d’air aspirant.
Le réseau ratatouille : Le début de la cavité est large et haut (5x3 m), mais ce n’est que pour tromper le spéléologue peu courageux. Immédiatement après une quinzaine de mètres, un quatre pattes sur un plancher stalagmitique écorche les genoux. On arrive en hauteur d’une galerie comportant un méandre étroit surcreusé et recouvert de choux fleurs. On se dit qu’on va laisser partir le méandre et rester dans le large. D’autant qu’il y a du courant d’air. Mais le conduit perd de sa largeur mètre par mètre et c’est finalement en rampant sur une piste de rats dans un boyau de 40 cm que se poursuit la galerie. Le courant d’air demeure très sensible. On débouche dans une petite salle située à la base d’un puits de 4 m de diamètre. Elle est haute de 6 m mais ne possède pas continuation à son sommet. Il y a un départ borgne et un méandre aval est étroit, sans courant d’air. Une E3 facile permet d’arriver en sommet d’un puits. Là, c’est le réseau Ratatouille : il y a des traces de rat de partout, dans des boyaux recouverts de choux-fleurs, étroits, difficilement pénétrables et non topographiés. Trois niveaux de conduits se superposent et se rejoignent ensuite. Autant prendre au plus large et rester tout en haut, d’autant plus qu’il semble y avoir un courant d’air. Après 20 m de reptation soit très peu haut, soit très peu large, on retombe dans une nouvelle base de puits borgne. Le méandre confortable qui en part a été poursuivi sur 60 m. Il continue, mais le courant d’air est devenu peu sensible et ce n’est pas forcément très engageant. Vers la cascade grondante:dépités, nous sommes repartis vers l’entrée pour affronter le méandre hérissé de choux-fleurs. Là, on a retrouvé tout le courant d’air. Ce n’est jamais étroit, mais ce n’est pas large non plus. Le méandre mesure 8 m de hauteur. On marche sur un plancher stalagmitique à 1 m du fond, qui devait reposer sur de la glaise qui a été ensuite érodée : ça sonne creux quand on marche et il y a - par endroit - des restes de glaise datant de temps immémoriaux. Au milieu du méandre, on remarque un tas de crottes de porc-épic et un boyau de 0,2m. Il doit y avoir une micro sortie pas loin. Les choux-fleurs sont usants pour les genoux, les coudes, les vêtements, la peau... Bref, c’est dur. En fin de méandre, on arrive au sommet d’un puits d’où provient un bruit d’eau. Le puits est profond de 23 m. À son pied coule un actif de 0,5l/s, avec amont et aval. On est dans un niveau de marnes feuilletées jaunes. À l’amont, on remonte la rivière dans son lit (c’est reposant) et on remarque des branchages avec des feuilles vertes, peut-être amenées par la rivière. On poursuit avant d’arriver sur une vasque demandant l’équipement d’une main-courante. Il y a un léger courant d’air d’amont, c’était la fin de la journée, nous avons rebroussé chemin.
Vers l’aval : on parcourt une galerie large avec des marmites. En rive gauche, en hauteur - 10 m - arrive un petit pissou d’une galerie estimée à 0,6x2 m. On passe ensuite plusieurs grandes marmites, dont une où une main-courante est utile. Juste après, on arrive dans une belle salle d’effondrement avec quatre ou cinq blocs décamètriques. La roche-mère présente en paroi des cassures dues aux mouvements tectoniques.
Vers le nord-ouest un départ se transforme - après une vasque et une E4 en libre- en une belle diaclase de 0,7 m de large dans du schiste argileux jaune, friable et glissant. Tout le courant d’air d’amont s’y engouffre. Le grondement d’une cascade se fait entendre. Au bout de 120 m rectiligne, on la découvre enfin. La galerie à cet endroit est large de 1,5m. Il semble que l’eau de la cascade s’infiltre entre les cailloux. La diaclase continue, mais il faudra passer sous la douche - 10 l/s, 6 m de haut - . Un parapluie est conseillé.
Vers l’est:dans l’axe de la galerie principale, en traversant le chaos de la salle d’effondrement, on parvient à retrouver l’aval du premier actif après deux ressauts R5+R6 (goujons). Le débit est le même (0,5 l/s). La galerie est désormais sur fracture, mais de courte durée. Peu après, l’actif se perd dans une voûte mouillante pas très grande où il faut se mettre à l’eau jusqu’à... La revanche est faible et le courant d’air qui sort provoque des vaguelettes à la surface. La probabilité de pouvoir franchir l’obstacle est faible. Vers le sud on rencontre un départ qui ne paie pas de mine, que nous avons poursuivi « juste pour voir ». On est à mi-hauteur dans une diaclase de 15m de hauteur par 0,8 m de large. La progression se fait en opposition. Après avoir changé 3 fois de direction, la diaclase suivante change de morphologie et l’on note des traces d’écoulement très anciennes (marmites, début de méandre). Il y a des traces de rats sur le sol et le courant d’air est sensible. On poursuit dans ces failles (avec parfois des choux-fleurs), jamais large, jusqu’à arriver à un P5. En changeant de direction, en haut du P5, les diaclases nous font remonter. On y a vu un rat vivant, il y a des racines au plafond. Le P5 ne nécessite pas d’équipement. En bas, la taille redevient modeste. Arrêt sur une diaclase impénétrable légèrement ventilée. [Olivier Testa]

AUT. VAR (2019) Jean BOTTAZZI, Éric SANSON, Bruno HUGON, Olivier TESTA, Alain MAURICE, Marc GUICHOT, Florence GUILLOT, Cécile PACAUT, Marc FAVERJON, Marc TREMBLAY, Amandine LABORDE, Nicolas FAURE, Emmanuel VITTE, Jessica MORIN-BUOTE, Éric DAVID, Éric LECUYER, Éric MADELAINE, Gilles CONNES. Topographes Jean BOTTAZZI, Éric SANSON, Bruno HUGON, Nicolas FAURE, Olivier TESTA, Barnabé FOURGOUS, Pascal ORCHAMPT, Emmanuel VITTE, Éric DAVID, Marc TREMBLAY, Florence GUILLOT, Fabien MULLET, Marc FAVERJON, Charles BUTIN, Cécile PACAUT, Alain MAURICE, Gilles CONNES, Jes- sica MORIN-BUOTE, Michel ISNARD, Jean-Pierre BARBARY, Patrick LETOURNEL, Marc SÉCLIER, Marc GUICHOT, Vivien MOINAT, Éric MADELAINE, Silvia ARRICA, Silvère PASTUREAU, LIZIXIN, Éric LECUYER, Thierry MONGÈS, Amandine LABORDE, Daniel BETZ, Olivier JÄRMANN, Christian DELAIRE. Coordination, rédaction, synthèse topographique et composition : Jean BOTTAZZI
Spelunca Mémoires n° 39 (2019) Voyages en terre chinoise tome 5. Expéditions spéléologiques franco-chinoises 2011-2019 dans les grottes de Suiyang Shuanghedong
Analyse : gkc-JPB

5972 caractères - lu : 12 Fois




Recherche