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ch_13 : Karstologia Mémoire n° 9 : 2004@https://www.grottes-et-karsts.org/telecharge/ch_13.pdf

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Description : Voyages en terre chinoise - Karstologia Mémoire n° 9 : 2004 - Chapitre 13 : Une crise de l’environnement sans précédent : déforestation et érosion des sols dans la province du Guizhou Résumé : Depuis des décennies, la Chine est confrontée à  une catastrophe écologique majeure liée à  la déforestation massive et à  la perte des terres arables qui est entretenue par la surpopulation rurale. De fait, la Chine est actuellement au bord d’un gouffre symbolisé par une fracture située à  la limite écologie / développement. Dans les karsts du Guizhou, les sols et altérites sont issus essentiellement de l’altération d’anciennes couvertures non carbonatées du Paléozoïque et du Trias. Ces couvertures meubles, support nourricier de l’agriculture, résultent donc d’une longue évolution géochimique remontant au Tertiaire. La disparition climato-anthropique des sols en terrains karstiques, via la déforestation, représente donc une perte irrémédiable à  l’échelle humaine Cette déstabilisation anthropogène des milieux, accentuée par le climat de mousson, est liée à  un “forçage” social et socio-économique dépendant au départ de la conjugaison de deux facteurs décisifs : d’un côté un système féodal des “landlords” qui a perduré jusqu’en 1949, de l’autre côté une population paysanne pauvre et de plus en plus nombreuse qui a un besoin vital de nouvelles terres. La grande révolution paysanne des Taipings au XIXème siècle qui a suivi la guerre de l’Opium, puis les trois guerres civiles révolutionnaires au cours de la première moitié du XXème siècle ont eu pour but de redonner la terre aux paysans, en abolissant l’ancien système féodal. Au cours de la deuxième moitié du XXème siècle , la politique maoïste d’industrialisation du “Grand Bond en Avant” (1958- 61), puis la nouvelle réforme agraire de Deng Xiao Ping en 1978-80, ont donné le coup de grà¢ce à  l’environnement. Dans la province du Guizhou, les paysages des jeunes “forêts de pierre” provoquées par l’érosion des sols est une image lourde de sens. Cette province montagneuse de 36 millions d’habitants, à  forte densité rurale (> 204 hab/km2), est typique pour l’étude de la déforestation, de l’érosion et de la conservation des terres arables. Ces “forêts de pierre” incipientes sont formées par des dents de pierre pouvant atteindre quelques mètres de haut ; elles traduisent le décapage de sols et altérites lors des pluies violentes de mousson et la mise au jour de reliefs calcaires irréguliers et émoussés, appelés crypto-lapiés, qui se sont formés par corrosion sous la couverture semi-perméable. En fonction de la pente, l’érosion des sols s’effectue en trois phases : 1) transit oblique des fines et ravinement de la couverture d’altérites (bad-lands) ; 2) atterrissement à  la base des versants et dans les dépressions ; 3) soutirage dans l’endokarst par des dolines-pertes et des effondrements. Dans l’ensemble des cavités explorées, certaines galeries présentent des épaisseurs importantes d’argiles et de limons de décantation qui attestent l’importance des soutirages dans le karst souterrain. Comme le taux de terres arables per capita diminue, les paysans ne sont pas favorables à  la reforestation. Surpopulation, crise de l’environnement et aléas climatiques placent donc la Chine dans une situation de risque de pénurie alimentaire malgré une meilleure rentabilité agricole. Mots-clés : déforestation, érosion des sols, écologie, forêt de pierre, Guizhou, Chine.

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