biblio : Voyages en terre chinoise tome 2 - Spelunca Mémoires n°30 2691


Voyages en terre chinoise tome 2 - Spelunca Mémoires n°30 est paru ! Les résultats des expéditions Guizhou 2004 et Guizhou 2005 et l'atlas topographique complet de Shuanghedongqun la plus longue grotte de Chine la deuxième d'Asie et la 20ème à l'échelle planétaire. Disponible ICI !! En voici l'introduction...

 


Introduction
Vingt ans après notre première expédition, voici donc notre cinquième ouvrage de synthèse consacré aux grottes et aux karsts de Chine. Ce nouveau Spelunca mémoires, fait suite à un Spelunca mémoires, et 3 Karstologia mémoires. Contrairement à l'habitude il a été réalisé sur un temps très court poussé par la nécessité de faire un point précis sur le réseau de la Shuanghe et d'en publier la topographie intégrale, mais aussi pour des contraintes de délai de financement. Les résultats traités dans cet ouvrage concernent donc les travaux effectués au cours des expéditions Guizhou 2004 et Guizhou 2005 qui ont topographié respectivement 18 et 33 km de cavités.
Ils s'appuient bien entendu sur la suite d'expéditions précédentes et notamment Yungui 2001, Guizhou 2003.Toutes les zones d'études se situent dans la province du Guizhou dans les districts de Zheng'an Suiyang Qianxi et Xiuwen.

Le chapitre 1, ossature de cet ouvrage est consacré aux travaux réalisés sur le massif de la Shuanghe (Wenquan, Suiyang, Guizhou). Dans cette zone riche en grottes, nous avons déjà recensé 99 entrées dont 64 ont été topographiées, totalisant une longueur de plus de 100 km topographié. Il contient évidemment une nouvelle contribution sur la plus longue grotte de Chine avec la publication de son premier atlas topographique. Shuanghedongqun compte à ce jour 85 298 m (+- 448 m) de galeries topographiées et devient la deuxième plus longue grotte d'asie et la 20 ème à l'échelle planétaire. Depuis la reprise des explorations sur cette zone en 2001 son développement est passé de 30 à 85 km ceci grâce à la reprise des topographies et surtout à l'exploration et au recensement systématique des cavités.Cette grotte extrêmement complexe possède déjà 27 entrées, plusieurs rivières souterraines et se développe sur deux aquifères superposés. Bien entendu toutes les cavités non connectées au réseau sont aussi décrites et notamment celles des hautes zones explorées en 2004 et 2005 comme par exemple à Xinjiawan, le gouffre de Liangfengdong (1 623 m, -395 m) qui a résisté à nos assauts et reste pour l'instant une cavité indépendante. Ce premier chapitre est bien soutenu par le Chapitre 4 qui raconte clairement l'historique des explorations du massif de la Shuanghe au travers du texte original d'un article publié en Chinois dans le Chinese National Geography.

Le deuxième chapitre présente les zones de travail et cavités explorées dans le le district de Zheng'an, qui se situe dans le nord du Guizhou sur le bassin d'alimentation de la rivière Furongjiang. Celui-ci avait été choisi comme nouvelle zone d'étude à cause de sa proximité immédiate avec le massif de la Shuanghe qu'il borde au nord.
C?est donc une brève reconnaissance en 2004, quasiment aux quatres points cardinaux du district, et une expédition en 2005 qui ont rapportées des résultats remarquables, notamment de la zone occidentale située autour du canton de Fuyuan. En effet le synclinal éponyme Permien recèle une cavité majeure de Chine : Mawangdong 17,232 km (+- 485). Elle présente des galeries colossales dont la section moyenne est de 475 m2 ! Par endroit leur largeur atteint les 120 m offrant ainsi des sections qui dépasse les 6000 m2 !! Ses possibilité d'exploration restent encore très importantes les 17 km de galerie du réseau sont inclus dans un rectangle d'à peine 7 km2 le long de l'axe du synclinal. Celui-ci s'étend sur plus de 50 km2 et tout son flanc sud-est qui culmine à plus de 1800 m reste à explorer. Dans cette cavité aussi l?activité humaine ancienne dont on trouve de très nombreuses traces mériterait à elle seule des études spécifiques. Les trois autres zones n'ont été que très brièvement reconnues en 2004.
A l'est le synclinal Permien de Banzhu s'étend sur plus de 60km2, géologiquement très similaire au synclinal de Fuyuan il pourrait lui aussi réserver de bonnes surprises. Dans ces deux zones la quasi absence du Carbonifère et du Dévonien permet un intéressant contact Silurien Permien très favorable pour l'établissement de pertes de contact.
Au sud le plateau cambrien de Shipin semble lui aussi fort prometteur, reconnu en 2004, des problèmes de trafic nous ont interdit son accès en 2005. Nous avons identifié une zone d'environ 40 km2 dans laquelle se trouve 6 pertes et une résurgence majeure. Seule la grotte de Longnudong 956 m (-52) a été explorée. Au nord la zone de Shijing semble quant à elle présenté moins d'intérêt pour de futures expéditions.

En Chine il existe des centaines voire des milliers de grandes grottes qui sont partiellement explorées et parfois même sommairement topographiées. La reprise de l'exploration de ces cavités est toujours récompensée par de magnifiques découvertes. Décrite au travers des récits d'exploration dans le chapitre 3, la grotte de Cizhudong (district de Qianxi) 7,416 km (-169 m) en est le parfait exemple. Elle a été explorée et topographié sur 2,5 km en 1988 par une équipe sino japonaise, nos explorations en 2004 porte le développement à 5,7 km puis à 7,4 km en 2005 et ceci en trois jours seulement ! Même si son exploration et son étude sont loin d'être terminées il était donc temps de publier cette grande cavité extrêmement intéressante sous bien des aspects. Ce sont par exemple les remarquables morphologies typiquement phréatiques comme les grandes cheminées d'équilibre [R.Maire, Karstologia Mémoire n° 9 p 209-210] , ou encore ses grands volumes comme la salle Pour Voir qui s'étend sur plus de 35000 m2. Et que dire de ces surprenantes traces de sabots de chevaux et de boeufs (buffles?), loin de l'entrée à - 123 m, qui soulignent l'activité humaine ancienne et nous interrogent sur sa nature.

Pour finir le chapitre 5 est consacré au journal de bord de l'expédition Guizhou 2005. C'est l'envers du décors, de la préparation aux milles anecdotes qui font la vie d'une expédition de ce type.
Il est rédigé dans le style d'un carnet de voyage par Carole, qui a profité de l'occasion pour se lancer avec courage dans l'aventure de l'exploration spéléologique. C?est donc sous un regard inhabituel, parfois surprenant que s'égraine la vie quotidienne de cette expédition. Hélas le manque de temps ne nous aura pas permis de relater ici dans le détail le compte-rendu du stage de formation ainsi que celui de la semaine de la spéléologie en Chine qui s'est déroulé dans le cadre des années de la France en Chine dont elle avait reçu le label. Ces deux actions étant bien entendu aussi un temps fort de l'expédition 2005.

Cette nouvelle publication a été financée en grande partie par l'Ambassade De France En Chine par le Service de Coopération et d'Action Culturelle et le Service pour la Science et la Technologie mais aussi par la C.R.E.I. Nous tenons à les remercier pour la confiance qu'elles nous accordent. C'est la première fois qu'une certaine aisance budgétaire nous permet de publier un de nos rapport d?expédition tout en couleur ce qui est un véritable plus pour la lecture et la compréhension des cartes et des topographies sans parler des photos qui prennent ainsi une nouvelle dimension.
Elle n'aurait pas vu le jour sous cette forme et dans ces délais sans la grande énergie que Jean Bottazzi y a consacré. Moteur de ce projet il a su réduire toutes les difficultés inhérentes à ce genre de publication. Souhaitons que cette ouvrage contribue un peu au grand travail de recensement des connaisances sur ce karst chinois qui décidément n'a pas de limite si ce n'est celle de l'énergie de ses explorateurs.
Jean-Pierre Barbary


jpb Publié le : Samedi 11 février 2006 @ 21:32:00