dong Grotte Des Trois Yeux - 三眼洞

Détail


Nom de la grotte : Grotte Des Trois Yeux - 三眼洞
Autres noms : Sanyandong
Province, Préfecture, District :
Chongqing 重庆, Wanxian , Fengjie 奉节县
Latitude Nord - Longitude Est :
30.55651 - 109.37364
Altitude (m) : 1720
Développement (m) : 10 484
Profondeur (m) : 184
Profondeur - / + (m) : 167 / 17
Volume (m3) :
Géologie :

4Entrée : Grotte Des Trois Yeux 三眼洞, Faux trois yeux , Puits de bord de route , Entrée Taco ,

Carte



Description 4



Coordonnées des principales entrées :

Faux Trois Yeux : X = 109° 22,59 Y = 30° 33,61 Puits du Bord de Route:X=109°22,54;Y=30° 33,53

Gouffre Taco : X = 109° 22,243 ; Y = 30° 33,649

Situation

La grotte des Trois Yeux présente de nombreuses entrées (au moins 11).

L’entrée la plus visible est située au bord de la route menant de Xing Long à la grotte du Dragon : un puits, très visible, a été recoupé lors de l’élargissement de la route et souffle par temps chaud un impressionnant panache de vapeur.

Peu avant ce puits, un petit sentier mène à une entrée à une vingtaine de mètres de la route. L’entrée « historique », explorée dès 1995 par AKL, se situe 500 m au nord et est également accessible par un petit sentier du même type que le précédent.

Historique

* La cavité a été découverte et explorée sur 4352 m de développement lors de l’expédition 1995 voir rapport AKL 95).

* En 1997, de nouvelles explorations ont porté le développement à 6330 m (voir rapport AKL 97). Malheureusement, en 1997, les nouvelles galeries explorées ont été mal reportées et la topographie publiée est fausse.

* En 1999, après avoir constaté les erreurs et les imprécisions de topographie, l’équipe a repris une partie du plan tout en continuant les explorations. Une dizaine d’équipes se sont succédé, topographiant ou retopographiant 4900 m de galeries dont 200 m de nouveaux conduits. Après l’expédition de 1999, la cavité développait 8506 m.

*En 2004, le but était de refouiller certaines zones, de descendre quelques puits non explorés, avec le mince espoir de dépasser les 10 km de développement.

En fait, dès notre première visite, le 29 juillet 2004, nous constatons que les travaux d’élargissement de la route ont ouvert une nouvelle entrée avec un fantastique courant d’air soufflant. Par ailleurs, trompés par nos souvenirs, nous découvrons une autre entrée, croyant à tort qu’il s’agissait de l’entrée des Trois Yeux.

Ce jour là, nous parcourons et topographions près de 1,5 km de nouvelles galeries (découvrant au passage trois nouvelles entrées). Nous faisons la jonction avec le réseau déjà connu... mais sans reconnaître le lieu.

Le lendemain, 30 juillet, nous retopographions quelques centaines de mètres de galeries (heureusement vastes et faciles à topographier) déjà connues avant de reconnaître les lieux. Patrick Schalk et Rémy Vulliez fouillent, sans grand résultat la grande galerie nord. Fanny Schalk et Bernard Lips font une visite vers la salle du Salpêtre ce qui leur permet de repositionner le départ de l’aval de la Rivière. Xavier Robert et Philippe Senecal continuent de fouiller les départs du réseau découvert la veille, rajoutant environ 200 m de développement. Le nouveau réseau découvert développe 1738 m auxquels il faut ajouter près de 250 m de diverticules dans la galerie Nord. En tout, l’expédition 2004 aura permis de topographier 2500 m de galeries... mais le développement du réseau n’augmente que de 1978 m.

Description

Une grande partie de la cavité a été décrite dans les rapports AKL 95, AKL 97 et AKL 99. Dans ce rapport, nous nous contentons de décrire le réseau 2004. Le réseau 2004 a été explorée à partir de deux entrées (Faux Trois Yeux et Puits du Bord de Route) donnant respectivement accès au réseau supérieur et au réseau moyen. Une troisième galerie, explorée en 1995, se développe encore plus bas.

* L’entrée des Faux Trois Yeux a été nommée ainsi parce que nous étions persuadés d’avoir affaire à l’entrée des Trois Yeux. Le tracé de la route a été modifié entre 1999 et 2004, nous enlevant ainsi nos points de repère. L’entrée basse et large, barrée d’un mur, donne accès à une pente d’éboulis. Au bas de cette pente d’éboulis, vers la gauche, des puits non descendus avec un courant d’air important doivent rejoindre le réseau inférieur, beaucoup plus bas, exploré en 1995. Un peu plus loin, une petite galerie sur la gauche ainsi qu’un puits sur le bord de la galerie correspondent avec le réseau moyen. La descente peut se faire en escalade par le puits.

Continuons dans la galerie principale. On remonte dans une pente d’éboulis pour déboucher à la base d’une lucarne, inaccessible du bas, redonnant en surface. Plus loin, on aboutit au carrefour du Salpêtre.

- La galerie principale amène à un puits de 5 m. La section s’agrandit et après une belle descente, on finit par rejoindre la partie du réseau exploré de 1995 à 1999 au niveau du Grand Carrefour.

- A partir du carrefour du Salpêtre, démarrent deux galeries qui se développent vers le sud et dont la taille est beaucoup plus modeste :

** A droite, il faut progresser à plat ventre sur une vingtaine de mètres avant d’aboutir à un nouveau carrefour. Les divers départs ne sont que des diverticules sauf la galerie de la Perle qui se dirige vers le sud et qui, après un joli tronçon bien rectiligne, bute sur une trémie infranchissable (présence d’une magnifique perle des cavernes). Peu avant cette trémie, une cheminée remontante rejoint une galerie décrite plus loin. Environ 120 m avant la trémie, une petite escalade permet de rejoindre une courte galerie débouchant en surface. ** A gauche, une galerie, d’abord remontante puis horizontale, amène au bout de 120 m au carrefour des Quatre Galeries. La galerie ouest s’arrête sur un beau colmatage. Une lucarne au plafond n’a pas été explorée. La galerie centrale est rapidement colmatée. La galerie est se développe vers le nord (colmatage) et vers le sud (deux nouvelles entrées très proches... et puits descendant vers la galerie de la Perle).

* L’entrée du Bord de Route amène dans une vaste galerie encombrée d’éboulis. Vers le sud, cette galerie bute sur un colmatage. Un diverticule vers l’est est également rapidement colmaté. Vers le nord, la galerie rejoint le réseau connu au niveau du Grand Carrefour. Un diverticule vers la droite permet de rejoindre le réseau supérieur non loin de l’entrée des Faux Trois Yeux.

Perspectives

Avec plus de 10 km de développement, la grotte des Trois Yeux est, pour le moment, la plus grande cavité du secteur.

A partir de l’entrée des Trois Yeux, on peut distinguer deux zones bien différentes :

* la partie sud (l’amont) : elle est particulièrement labyrinthique et c’est dans cette zone que se développe la majeure partie de la cavité sur moins d’un kilomètre d’extension. Quelques puits restent à descendre dans la galerie principale et peuvent peut-être amener à découvrir quelques centaines de mètres de galeries supplémentaires. La courte reconnaissance dans l’aval de la rivière a également montré qu’au moins un départ important n’a pas été topographié. Toute la partie aval de la rivière serait certainement à revoir. La rivière se termine sur étroiture d’après la seule équipe qui a exploré cette zone en 1997 mais il serait intéressant de vérifier si aucun départ ne donne dans un étage fossile.

* la partie nord (l’aval) : nous avons vérifié cette année que la grande galerie nord ne présente aucun départ important. Il serait certainement intéressant de refouiller le fond pour essayer de dépasser vers l’aval le colmatage de la grande galerie à -90 m.

LIPS, Bernard; LIPS, Josiane; SCHALK, Yvette; SCHALK, Patrick
Spéléologie au Pays de l’Homme Sauvage ; 6 : 88 p. (5 cartes, 9 dessins, 4 tab., 3 fig., 70 photos, 23 topographies)
Analyse :
6e expédition franco-chinoise de l’AKL en juillet-août 2004 dans le Sichuan et le Hubei (Chine). Liste des participants, compte rendu journalier. Catalogue des 82 cavités (59,2 km topographiés) explorées en 1995, 1997, 2001 et 2004 dans la région de Xing Long, 9 cavités (6,4 km topographiés) dans le district de Tong Jiang, et 4 cavités (5,2 km topographiés) dans le district de Beichuan. Description des cavités vues en 2004 (21 500 m topographiés); grotte des Trois Yeux (Dév.: 10 484 m, dén.: +17 / -167 m), grotte du Dragon (Dév.:10328 m, dén.: +31 / -391 m). Note sur l’exploitation du salpêtre. Biospéologie (193 prélèvements, identification au niveau du groupe). Budget. (FB).

7391 caractères - lu : 94 Fois


GROTTE DES TROIS YEUX

(Dév.: 8506 m, dén. : 192 m)

Situation

X = 43,950 Y = 83,000

La grotte des Trois Yeux présente actuellement six entrées. L'exploration de la zone n'est pas terminée et d'autres grottes et gouffres sont susceptibles de jonctionner avec ce réseau. L'entrée la plus facile d'accès est située une vingtaine de mètres au-dessus de la route.

Description

Une grande partie de la cavité a été décrite dans les rapports AKL 95 et AKL 97. Les explorations de cette année permettent de mieux comprendre la structure de cette cavité que nous pouvons, assez schématiquement, séparer en cinq zones :

* l'amont de la Grande Galerie : Une vaste galerie, explorée dès 1995, relie le Grand Carrefour et le porche d'entrée à l'extrémité sud-ouest. Cette galerie a été entièrement retopographiée cette année, la topographie relevée en 1995 ne précisant pas correctement les nombreux départs de diverticules et de petits réseaux annexes. Cette retopographie a permis de découvrir plus d'un kilomètre de galeries. Plusieurs puits restent à descendre dans l'ensemble de la zone.

Certains de ces puits se trouvent au-dessus du réseau inférieur mais d'autres ne semblent correspondre à aucune galerie connue. A côté d'une petite entrée du réseau, un beau puits de 30 m, le P30, n'a pas été descendu. On observe plusieurs arrivées de méandres dans la paroi du puits.

* l'aval de la Grande Galerie : cette partie est décrite dans les rapports 95 et 97. Cette année, seule une équipe est retournée dans cette zone pour y faire quelques photos et quelques images vidéos. Rappelons que l'extrémité de cette galerie correspond au point bas de la cavité. La relative simplicité du plan dans cette zone indique qu'il existe probablement des galeries non explorées.

* le réseau inférieur : le réseau inférieur a été découvert lors de l'expédition de 1997. Une petite rivière circule dans la galerie. Près de deux kilomètres avaient été topographiés. Malheureusement, ce réseau a été mal connecté au plan général et la topographie manquait de précision. Une grande partie de ce réseau a été retopograhiée, ce qui a permis de découvrir et de topographier de très nombreux diverticules. L'extrémité amont de ce réseau se situe non loin du P30. La partie aval de ce réseau n'apparaît pas sur la topo car il reste un doute sur l'emplacement exact de son départ.

Le travail topographique a été réalisé à partir de la salle du Salpêtre, marquée par d'abondants dépôts argileux et agrémentée par une arrivée d'eau tombant en pluie.

Dans la partie nord-est de cette salle, les explorations de 99 ont permis de découvrir et topographier maintes galeries composant le Dédale. Au sommet d'un imposant talus d'argile se développe un large vestibule : la salle de la Sandale où des blocs se confondent avec des piliers.

- Vers l'est, la galerie en Y s'achève d'une part au pied d'un puits remontant, d'autre part au bord d'un petit puits surplombant une galerie inaccessible sans équipement.

- A une trentaine de pas de sa confluence avec la précédente, la galerie du Chaos se singularise par une fissure où les anciens ont coincé des bois en guise de marches. Ils pouvaient ainsi gagner les quelque dix mètres de dénivellation nécessaires pour prendre pied dans un large couloir aboutissant au pied d'un mur de blocs. Après avoir franchi celui-ci par un habile cheminement, ils allaient extraire l'argile du puits de soutirage où les pierres sèches plaquées contre la paroi sont un indice de leur activité.

- Vers le nord de la salle de la Sandale,

s'amorce une large et longue diaclase qui ouvre la voie vers la galerie des Marmites. Au carrefour de la Pluie, débouche la galerie du Talus qui semble se poursuivre vers le sud-ouest, jusqu'à déboucher sur un petit actif: l'affluent du Bassin.

- L'affluent du Bassin naît dans un puits noir, emprunte un court méandre, rejoint une galerie rectiligne, puis s'en va se perdre dans une fissure jouxtant une petite salle circulaire où l'épaisse couche d'argile a été profondément entaillée par les eaux de crues.

- L'accès à la galerie de l'Escalier débute en vire dans une large fracture, au sol percé de nombreux accès donnant dans les plafonds de l'affluent. Au carrefour du Bassin, un filet d'eau issu de la voûte achève sa chute au fond d'un puits qui semble correspondre avec l'un des amonts de l'affluent du Bassin. Vers l'ouest, s'offre un long couloir marqué par un escalier aux marches alternées taillées dans un imposant mur d'argile. Quelques dizaines de mètres plus loin, un balcon domine une galerie inaccessible sans équipement.

Dans la partie sud-ouest de la salle du Salpêtre, une courte galerie assure la liaison avec l'étage actif parcouru en 1997. Seul l'amont de cette "Rivière" a fait l'objet d'une nouvelle visite. La galerie de liaison recèle une inscription ancienne qui met en garde le visiteur contre les excès de la Rivière toute proche. Celle-ci semble correspondre au niveau de base actuel. En été, elle doit, sans doute, être seulement alimentée par la maigre cascade de la salle des Anciens, une salle sèche où quelques murets sont érigés sur le vaste cône d'éboulis. Au pied de la pente, en rive gauche, un renfoncement dénonce le passage des eaux de crues qui peuvent ensuite s'épandre sur un large lit de galets.

Parmi les diverses conduites latérales parcourues, seule la galerie du Boyau n'a pas été topographiée. Elle amène, au bout d'une cinquantaine de mètres, à une petite salle d'où partent des diverticules descendants qui mériteraient d'être revisités. La galerie des Gouttelettes, quant à elle, s'élève fortement jusqu'à un palier au-dessus duquel un puits remontant la relie avec l'étage supérieur (jonction le 09/08/99). A une vingtaine de mètres, un puits de 8 a 10 m barre l'accès à une nouvelle galerie et une fissure permet de descendre vers une autre conduite.

* le réseau de la « Butte" : il s'agit d'une vaste galerie présentant plusieurs diverticules et donnant accès à deux entrées. Aucune équipe n'est retournée dans cette zone cette année.

*la galerie de jonction avec le gouffre du Taco : le gouffre, découvert cette année, jonctionne après deux puits avec la grotte des Trois Yeux. L'entrée du gouffre est actuellement le point haut de la cavité. Une galerie (explorée en 1995) amène dans la Grande Galerie.

Exploration

La cavité avait été découverte et explorée sur 4352 m de développement lors de l'expédition en 1995 (voir rapport AKL 95). En 1997, de nouvelles explorations ont porté le développement à 6330 m (voir rapport AKL 97). Malheureusement, en 97, les nouvelles galeries explorées ont été mal reportées et la topographie publiée est fausse.

Cette année, après avoir constaté les erreurs et les imprécisions de topographie, nous avons décidé de reprendre une partie du plan tout en continuant les explorations. Une dizaine d'équipes se sont relayées dans la cavité du 5 au 9 août 1999 et nous avons topographié ou retopographié ainsi 4900 m de galeries dont 2200 m de nouveaux conduits. Une prospection a permis de repérer plusieurs cavités au-dessus de cette grotte et de découvrir une nouvelle entrée.

La nouvelle topographie permet de mieux comprendre la structure de la cavité et surtout d'orienter les futures explorations. Il est probable que la cavité dépassera dans l'avenir les 10 km de développement.

Tous les réseaux actuellement topographiés présentent des traces d'exploitation du salpêtre.

Hydrologie

Le réseau des Trois Yeux, qui se trouve assez proche de la Perte du Dragon, se développe à une altitude plus élevée. Dès le départ nous avions émis l'hypothèse d'une éventuelle jonction avec cette magnifique rivière.

En fait, les découvertes de 99 n'ont pas apporté d'élément venant étayer cette hypothèse, bien au contraire. La circulation générale des eaux dans la grotte des Trois Yeux a, sans doute, toujours été orientée vers le nord-est comme celle actuellement montrée par "la Rivière" et "l'affluent du Bassin". Le vaste porche ouvert au bout de la Grande Galerie aurait été une perte d'une rivière, peut-être celle actuellement capturée par la grotte du Dragon. Le vallon, au flanc duquel se glisse la route, est la trace de ce collecteur. Ainsi, les vastes et profondes dépressions sont autant de jalons des soutirages vers le réseau profond.

Dans la grotte des Trois Yeux, les recherches devront se concentrer sur le "Labyrinthe", actuellement le point bas de la cavité.

Ouvrage collectif, Synthèse Patrick Degouve Bernard et Josiane Lips avec la collaboration de Fabrice Abréal (dessins), Roger Benvenutti, Maurice Chiron, Patrick Deriaz, Robert Le Pennec, Christian Locatelli, Patrick Schalk, Jean-Marc Verdet, professeur Wan Xinnan et M. Yang Guihe
Spéléologie au pays de l'Homme Sauvage 4ème EXPEDITION SPELEOLOGIQUE EN CHINE, Aventures Karstiques Lointaines 1999-n°4. 120 pages
Analyse :

8657 caractères - lu : 98 Fois


GROTTE DES TROIS YEUX

x: 43,20 ; y: 82,40 ; z : 1720 m

Développement : 6330 m

Dénivellation : 170 m

La grotte des Trois Yeux avait déjà été reconnue en 1995 sur plus de 4 km (voir rapport d'expédition AKL 1995 page 56). Il s'agit d'un réseau important qui a la particularité d'avoir été exploité par les Chinois pour la production du salpêtre. Et dans le cas présent cette exploitation semble avoir été menée à grande échelle. En effet, les 6 km de galeries reconnues au cours des deux expéditions présentaient toutes, à de rares exceptions près, des traces de passage ou d'aménagement. Nous n'avons cependant pas encore visité la totalité des conduits. Il serait intéressant de poursuivre encore les investigations dans ce réseau qui pourrait être en relation avec la perte du Dragon.

• Situation:

L'entrée la plus accessible de la grotte est située une dizaine de mètres au-dessus du bord de la route qui relie Han Re Ba à Xiu lia Ping. Si le porche d'entrée n'est pas très impressionnant, en revanche, on ressent, depuis la chaussée, le courant d'air froid qui devient vraiment décapant devant l'entrée.

• Description:

Passé le porche d'entrée, le courant d'air s'essouffle pour laisser place à une galerie pentue (escaliers) et large qui débouche dans une salle où convergent trois drains principaux.

Le premier, le plus évident si l'on cherche à descendre, est de plus petite dimension. L'un des nombreux diverticules qui le composent rejoint la surface à environ 300 m de l'entrée principale.

Le second conduit se prolonge vers le nord-est puis se divise de nouveau en plusieurs branches. L'une s'arrête, après une escalade de 10 m, sur un colmatage (-122 m), une autre sur plusieurs bouclages labyrinthiques et une dernière, à la cote -170 m, sur un méandre qu'il semble possible de continuer mais aux dimensions ridicules par rapport au reste du réseau.

La dernière galerie constitue en fait le drain principal (présence de courant d'air). Les conduits font couramment 15 à 20 m de diamètre avec des départs fréquents de dimensions diverses qui se divisent eux-mêmes encore et encore... Quelques unes de ces galeries ont été explorées jusqu'à des puits non descendus, d'autres restent encore à topographier. Nous avons topographié l'une d'elles (galerie de la Fosse) sur plusieurs centaines de mètres jusqu'à des étroitures impénétrables.

En continuant dans le conduit majeur (Grande Traversée) on se laisse surprendre par la lumière du jour qui pénètre par un porche de 25 m de largeur et 35 de haut dans lequel les vaches viennent brouter l'herbe fraîche qui pousse à une centaine de mètres à l'intérieur de la galerie. C'est ce que nous dénommerons le deuxième "Oeil".

Sur la droite de la galerie, 200 m avant le porche, se trouve un méandre très tortueux et ventilé qui débouche sur le troisième "Oeil". A cet endroit nous avons découvert en 1995 un puits d'environ 10 m de diamètre et 35 m de profondeur, au fond duquel on distingue un départ en méandre laissant supposer la présence d'un réseau inférieur. Cette année, dans le même secteur, nous avons découvert une galerie qui mène effectivement dans un réseau actif de toute beauté. En aval, celui-ci circule sous la galerie fossile puis se perd dans un siphon. En amont, il se prolonge sur plus de 700 m. Malheureusement, le manque de temps ne nous a pas permis de pousser au-delà l'exploration qui ne présente aucune difficulté majeure.

• Explorations:

Plusieurs explorations ont été menées en 1995 par AKL (voir compte rendu 1995). Le 22 août 97, Jean-Michel, Jean-Marc, Dune et Anne explorent quelques galeries latérales sans suite et surtout découvrent l'actif. Ils topographient près d'un kilomètre de galeries. Le 23 août, Jean-Michel, Dune, Anne, Ben, André, Maurice, Guy, Jocelyne et M. Yang topographient l'amont. Bilou fait une petite reconnaissance au-delà du terminus topo et reconnaît près de 500 m de galeries nouvelles.

• Observations:

Plusieurs grottes ont été repérées dans le secteur. L'une d'elles d'un diamètre de 5 m souffle violemment et l'exploration reste à faire. Ses coordonnées approximatives sont: x : 46,65; y: 83,30 ; z : 1710 m Nous avons également découvert deux autres grottes conduisant à des puits estimés à 7 ou 8 m.

DEGOUVE, Patrick; SIMONNOT, Guy (1999) : La région de Xin Long.-
Spéléologie au pays de l'Homme Sauvage, Aventures Karstiques Lointaines 1997 N°3: 65-111 (3 cartes, 1 dessin., 32 topo.).
Analyse : BBS
Expédition d'août 1997 en Chine: cadre géologique et description des principaux phénomènes karstiques reconnus durant l'expédition dans la région de Xin Long. 36 km. topographiés sur 31 cavités. (Long Qiao Dong: 6700 m., +140 m.; Grotte des Trois Yeux: 6330 m., +170 m.). (FB).

4355 caractères - lu : 87 Fois


Réseau des Trois Yeux

(Three Eyes Cave - San Yan Dong) Altitude : 1720 m

Développement : 4352 m Dénivellation : -170 m

L'entrée la plus accessible de la grotte est située une dizaine de mètres au- dessus du bord de la route qui relie Han Re Ba à Xiu Jia Ping. Si le porche d'entrée n'est pas très impressionnant, en revanche, on ressent, depuis la chaussée, le courant d'air froid qui devient vraiment décapant une fois devant l'entrée ! Les feuilles des arbustes sont continuellement agitées par sa puissance et il est alors facile de repérer les différentes entrées situées sous le manteau végétal. Il est clair qu'en voyant cela le premier jour, déjà motivés par la spéléo en Chine, cette cavité devint vite une obsession. Sur ce coup là, les chinois nous avait mis l'eau à la bouche.

Passé le porche d'entrée , le courant d'air s'essouffle pour laisser place à une galerie pentue (escaliers) et large qui débouche dans une salle aux dimensions hallucinantes. Elle se divise en trois drains principaux.

La première partie expIorée, la plus évidente si l'on cherche à descendre, est de plus petite dimension, et l'un des nombreux diverticules qui la compose rejoint la surface à au moins 100 mètres de l'entrée principale.

La deuxième partie se divise de nouveau en plusieurs branches. L'une s'arrête, après une escalade de 10 mètres, sur un colmatage, une autre sur plusieurs bouclages labyrinthiques et une dernière, à la cote -170 sur un méandre qu'il semble possible de continuer mais aux dimensions ridicules par rapport au reste du réseau.

La dernière partie constitue en fait le drain principal (présence de courant d'air). Les galeries font couramment 15 à 20 mètres de diamètre avec des départs fréquents de dimensions diverses qui se divisent eux-même encore et encore... Quelques unes de ces galeries ont été explorées jusqu'à des puits non descendus, d'autres restent encore à topographier.

En continuant dans ce conduit majeur on se laisse surprendre par la lumière du jour qui pénètre par un porche de 25 mètres de largeur et 35 de haut dans lequel les vaches viennent brouter l'herbe fraîche qui pousse à une centaine de mètres à l'intérieur de la galerie. Nous venons de découvrir le deuxième "Oeil" . En sortant à l'air libre nous essayons d'évaluer notre position par rapport à la montagne. Mais la densité de la végétation empêche de voir tout point de repère. En revenant dans la grotte sur notre gauche se trouve un méandre très tortueux et ventilé qui débouche sur le troisième "Oeil" . A cet endroit nous avons découvert un puits d'environ 10 mètres de diamètre et 35 mètres de profondeur, au fond duquel on distingue un départ en méandre. Faute de temps nous ne pourrons l'équiper entièrement. Ce nouveau puits confirme notre sentiment sur l'existence d'un réseau inférieur qu'il est possible d'atteindre par les nombreux puits sur lesquels se sont arrêtées les explorations des diverticules du drain principal. La progression dans ce réseau ne pose pas de difficulté particulière ce qui permit aux chinois d'exploiter la cavité pour le salpêtre. De ce fait, on rencontre de nombreux vestiges : des marmites et des fours à salpêtre de toute beauté et bien conservés, des tunnels creusés dans la terre et dans des trémies qui s'arrêtent sur des petites salles voûtées ressemblant à l'intérieur d'un igloo. Mais on ignore l'utilité des ces cachettes souterraine qui ont dues nécessiter un travail de fourmis pour leur construction. Nous avons trouvé aussi des vestiges de hottes en osier ayant probablement servi pour le portage du salpêtre, ainsi que des restes de bois et de cendres. Ces zones, riches en humus abritent une faune cavernicole abondante et variée .

Ces travaux qui demandaient sûrement une main d'oeuvre importante ont nécessité la réalisation d'ouvrages pour facilité la progression des gens sous terre. Bien que des ouvrages similaires aient été rencontrés dans presque toutes les cavités explorées, la grotte des 3 Yeux offre les vestiges les plus impressionnants. Des escaliers en S qui descendent sur des pentes raides et glaiseuses, aux empilements de pierres plates pour faciliter la remontée de trémies, nulle difficulté n'a semblé effrayer les chinois pour la conquête du salpêtre. D'après l'aspect de ces vestiges, ces activités sembleraient dater du siècle, mais elles sont aujourd'hui obsolètes.

Toutes les possibilités d'exploration de ce réseau n'ont pas été exploitées. Nous pensons, avec l'existence d'un réseau inférieur. qu'il est encore possible de topographier au moins un kilomètre de galeries et de puits. Même si ce trou est bien connu des chinois locaux, l'exploration en fut passionnante, nous avons pu découvrir 2 "yeux" supplémentaires au réseau et souhaitons vivement revenir un jour pour terminer la topo des "5 yeux"

DEGOUVE, Patrick; DURLET, Christophe; DUSSEAU, Patrick; GRISOLET, Jean-Michel; LEGLAYE, Eric; SCHALK, Patrick; VERDET, Christophe (1997): Présentation des principales cavités explorées en 1995.-
Spéléologie au pays de l'Homme Sauvage - 2° expédition spéléologique en Chine A.K.L. 1995: 29-58 (2 cartes, 1 tab., 17 topos, 1 fig.).
Analyse : BBS
Localisation et description des cavités explorées dans la région de Xin-Long (Sichuan): 34 sites répertoriés dont: Grotte- perte du Dragon (5980 m.), Grotte de 3 yeux (4352 m.), Grotte de la Barbe Dorée (1900 m.), Grotte du Serpent (1480 m.), Grotte du Mendiant (1152 m.), Résurgence de l'Entrepôt N°1 (875 m.). (FB).

4935 caractères - lu : 170 Fois


Bibliographie 7



DEGOUVE, Patrick; SCHALK, Patrick (1996): Chine.-
Spelunca, n°64: 14-16 (1 carte, 1 tb.).
Résultats sommaires d'une prospection, spéléométrie de la région de Xin-Long. (RL).
Source : BBS

Aventures Karstiques Lointaines (1999) : Spéléologie au pays de l'Homme Sauvage, 3ème expédition spéléologique en Chine - AKL 1997.-
129 p. (5 cartes, 28 ph., 1 tab., 4 fig., 30 dessins, 50 topo.).
Compte rendu d'expédition en août 1997 dans les régions de Wuxi et Xin Long (Sichuan) en collaboration avec l'Institut de Technologie de Chengdu. Présentation du karst, chronologie, photo, vidéo, contexte géologique, fiches des cavités, biologie, 17 références bibliographiques, index des 56 cavités. 39,4 km. topographiés. Région de Xin Long: Long Qiao Dong (grotte du Dragon): 6700 m., +140 m.; Grotte des Trois Yeux: 6330 m., +170 m. Région de Wuxi: Xiou Dong (grotte du Salpêtre): 1632 m., +158 m.). (FB).
Source : BBS

DEGOUVE, Patrick; SIMONNOT, Guy (1999) : La région de Xin Long.-
Spéléologie au pays de l'Homme Sauvage, Aventures Karstiques Lointaines 1997 N°3: 65-111 (3 cartes, 1 dessin., 32 topo.).
Expédition d'août 1997 en Chine: cadre géologique et description des principaux phénomènes karstiques reconnus durant l'expédition dans la région de Xin Long. 36 km. topographiés sur 31 cavités. (Long Qiao Dong: 6700 m., +140 m.; Grotte des Trois Yeux: 6330 m., +170 m.). (FB).
Source : BBS

LIPS, Bernard; LIPS, Josiane; SCHALK, Yvette; SCHALK, Patrick
Spéléologie au Pays de l’Homme Sauvage ; 6 : 88 p. (5 cartes, 9 dessins, 4 tab., 3 fig., 70 photos, 23 topographies)
6e expédition franco-chinoise de l’AKL en juillet-août 2004 dans le Sichuan et le Hubei (Chine). Liste des participants, compte rendu journalier. Catalogue des 82 cavités (59,2 km topographiés) explorées en 1995, 1997, 2001 et 2004 dans la région de Xing Long, 9 cavités (6,4 km topographiés) dans le district de Tong Jiang, et 4 cavités (5,2 km topographiés) dans le district de Beichuan. Description des cavités vues en 2004 (21 500 m topographiés); grotte des Trois Yeux (Dév.: 10 484 m, dén.: +17 / -167 m), grotte du Dragon (Dév.:10328 m, dén.: +31 / -391 m). Note sur l’exploitation du salpêtre. Biospéologie (193 prélèvements, identification au niveau du groupe). Budget. (FB).
Source :

Ouvrage collectif, Synthèse Patrick Degouve Bernard et Josiane Lips avec la collaboration de Fabrice Abréal (dessins), Roger Benvenutti, Maurice Chiron, Patrick Deriaz, Robert Le Pennec, Christian Locatelli, Patrick Schalk, Jean-Marc Verdet, professeur Wan Xinnan et M. Yang Guihe
Spéléologie au pays de l'Homme Sauvage 4ème EXPEDITION SPELEOLOGIQUE EN CHINE, Aventures Karstiques Lointaines 1999-n°4. 120 pages

Source :

DEGOUVE, Patrick; DURLET, Christophe; DUSSEAU, Patrick; GRISOLET, Jean-Michel; LEGLAYE, Eric; SCHALK, Patrick; VERDET, Christophe (1997): Présentation des principales cavités explorées en 1995.-
Spéléologie au pays de l'Homme Sauvage - 2° expédition spéléologique en Chine A.K.L. 1995: 29-58 (2 cartes, 1 tab., 17 topos, 1 fig.).
Localisation et description des cavités explorées dans la région de Xin-Long (Sichuan): 34 sites répertoriés dont: Grotte- perte du Dragon (5980 m.), Grotte de 3 yeux (4352 m.), Grotte de la Barbe Dorée (1900 m.), Grotte du Serpent (1480 m.), Grotte du Mendiant (1152 m.), Résurgence de l'Entrepôt N°1 (875 m.). (FB).
Source : BBS

Aventures Karstiques Lointaines (1997): Spéléologie au pays de l'Homme Sauvage - rapport de la 2° expédition spéléologique en Chine A.K.L. 1995 Xin-Long (Province du Sichuan).-
Edit. Aventures Karstiques Lointaines, 1997: 64 p., 2 cartes, 17 topos, 1 tab., 8 fig., 7 ph.(4 clr.).
Compte rendu d'explorations dans la région de Xin-Long, dans le Sichuan. Carnet de bord, éléments logistiques (photo, matériel, médical), géographiques, biospéologiques, bibliographiques (10 références). Description d'une trentaine de cavités (20 km. topo.): Grotte- perte du Dragon (5980 m.), Grotte de 3 yeux (4352 m.), Grotte de la Barbe Dorée (1900 m.), Grotte du Serpent (1480 m.). (FB).
Source : BBS


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