dong Tuanduiwoshuidong - 团堆窝水洞

1. Tuanduiwoshuidong - Perte Ronde Empilée
Code : Sui017 - Village : Wenquan
Lat. : 28°14’29,6”N - Long. : 107°16’22,4” - Alt : 737 m
La perte active de Tuanduiwoshuidong, très spectaculaire, se situe à l’extrémité d’une vallée aveugle formant une mégadoline-perte échancrée à l’aval par un porche de 100 m de haut sur 30 m de large. Comme l’accès par la montagne est très escarpé, le plus simple consiste à traverser le réseau de Shigaodong. Pour cela, on remonte au sud la vallée de Shuangheshuidong où se situe la résurgence du système, puis on atteint l’entrée orientale pour ressortir à l’entrée ouest après un parcours souterrain facile de 1 500 m (1/2 h). La cavité ouest s’ouvre 50 m en contrebas de la mégadoline de Tuanduiwoshuidong. Ensuite, il faut descendre sur la droite une étroite vire présentant de vieilles marches d’escalier agrémentées de prises de main sculptées dans la roche. Il n’y en a pas une de trop ! Le cadre vaut le coup d’œil. Une cascade de 100 m se précipite au fond du gouffre tandis que sur le flanc opposé, à 100 m, s’ouvre le porche de Luojiaodong. Ces deux entrées de grotte, suspendues 80 m au-dessus de la perte de Tuanduiwo, indiquent que le réseau a été recoupé par le canyon aveugle. Au fond du gouffre, il faut disputer à la jungle, parmi les bananiers sauvages, les traces du sentier abandonné. Enfin, on suit directement le lit de la rivière pour arriver au porche géant.
Sous le porche, l’eau se perd dans les blocs. Au bout de 50 m, après un coude sur la gauche, la voûte s’abaisse brutalement (10 m de haut). On franchit quelques diverticules sur fractures sans continuation. Ensuite, un large méandre surcreuse la galerie et engloutit le courant d’air. Au-dessus, une galerie de 10 m de large conduit à un gros carrefour où gisent des troncs d’arbres, attestant la violence des crues de mousson. A droite, un lac de 15 x 5 m est alimenté par une importante rivière souterraine de 75 l/s qui pourrait provenir du réseau de Longtanzishuidong car la direction et le débit sont compatibles (jonction effectuée en 2003). A l’amont, la rivière n’a pas été remontée. A l’aval, un rétrécissement sur fracture, large de 50 cm, fait barrage et provoque l’accumulation de troncs d’arbres. La suite serait plutôt à rechercher en hauteur. En repartant du gros carrefour, mais sur la gauche cette fois, une galerie en canyon mène à une nouvelle bifurcation. A droite, une remontée dans une galerie concrétionnée passe devant un puits-faille non descendu. Au-delà, après une cascade de gours et un superbe pilier stalagmitique, on parvient au colmatage final. Au départ de cette galerie fossile, il est possible de suivre en vire rive droite la galerie en trou de serrure. Celle-ci mesure 20 m de haut, 15 m de large au sommet et 5 m de large au niveau du surcreusement, et exige l’équipement d’un court passage. Ensuite, on peut éviter la vire par un petit boyau situé en rive droite et rejoindre ainsi le réseau de Shuangheshuidong.

"BOTTAZZI, Jean; CLÉMENT, Nicolas; FAURE, Nicolas; MAIRE, Richard; MANGEL, Laurent; LI, Po; POUILLY, Marc"
Karstologia Mémoires, n° 9 : Voyages en terre chinoise : Chapitre 4
Analyse :
Le district de Suiyang est au nord du Guizhou (Chine). Il recelle la plus longue grotte de Chine, creusée dans les calcaires et dolomies de l'ordovicien et du cambrien. Ce chapitre décrit l'état des explorations à l'issue des expéditions de 2001 et 2003 qui sont venues poursuivre les explorations débutées en 1988 par une équipe sino-niponne. La topographie de ce réseau géant (54,3 km en incluant les découvertes de l'année 2003) est donnée dans un additif en fin d'ouvrage. Ce chapitre contient également l'étude d'un têtard oreolalax observé sous terre. (BJ).

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Tuanduiwoshuidong (31)
Tuanduiwoshuidong est le nom du tiankeng dont on atteint le fond en entrant par Shuangheshuidong. Trois autres grottes arrivent dans ce tiankeng : Luojiaodong, Shigaodong et Tonggupixiaodong. Les premières descentes dans ce tiankeng nous avaient valu quelques sueurs froides, en libre dans une paroi en suivant une vague trace laissée par les anciens exploitants des gisements de nitrates. Aujourd’hui, on a le choix entre l’ascenseur et les passerelles. Les deux explorations suivantes pourraient être rattachées au paragraphe sur Shuangheshuidong, qui présente de loin l’itinéraire le plus court pour s’y rendre, mais le drain que constitue la rivière du tourbillon s’écoule vers le collecteur de Dayuquan.
Sur les vires de Shuangheshuidong
Avant qu’elle ne soit équipée d’un chemin sur pilotis, la remontée dans Shuangheshuidong empruntait une longue suite de vires dans un grand canyon en trou de serrure. Juste avant de pouvoir quitter ce canyon, on avait un passage de quelques mètres franchi en artif. Un peu avant, sur le côté sud d’une sorte de salle traversée par le canyon et qui comporte des troncs d’arbres coincés 15 m au-dessus du fond, un petit boyau calcifié conduit à un carrefour sous des trémies où circulent quelques ruisselets. L’aval de ces ruisselets disparaît sous une trémie, mais un boyau, sec lors de l’exploration, mais qui est sans aucun doute le premier exutoire de crue en cas de mise en charge excessive de la rivière timide, débouche en lucarne dans un puits avec une cascade : c’est un des nombreux affluents de la rivière du tourbillon. Un peu avant ce boyau, un cône de sédiments remonte vers la base d’un puits. En conditions estivales, un gros courant d’air en descend. Il est plus chaud que celui qui provient de Longtanzi. Il trouve sans doute une origine dans le Tiankeng de Tuanduiwo.
Un peu en aval de la salle avec les troncs d’arbres, sur la paroi opposée du canyon, on remarque l’arrivée d’un méandre parfois actif. Il correspond à la perte que l’on traverse avant de descendre le P7 quand on arrive depuis le tiankeng de Tuanduiwo. Son exploration a été réalisée. Ce passage comprend une belle marmite à la base d’un petit puits.
Pratiquement en face de ce méandre débute une galerie avec un petit labyrinthe. L’étage supérieur, montant sur la droite, présente une galerie basse sèche et mène à une trémie. Dans ce secteur, deux puits restent à descendre. L’étage inférieur draine un ruisselet vers le canyon par lequel on est arrivé, puis on arrive à un carrefour. La branche de gauche est tout d’abord sèche puis devient boueuse pour finir sur des étroitures. La branche de droite débute par un lac avec plusieurs alimentations provenant de trémies. On passe ensuite sous une douche importante. L’eau est drainée de l’autre côté et passe sous des blocs instables. Au-dessus, après une petite salle, une succession de trémies permet de redescendre vers la rivière du tourbillon.
Les affluents de la rivière du tourbillon
Après le grand canyon en trou de serrure, on arrive sur une grande galerie transversale allant à droite vers Longtanzi et à gauche vers Mahuangdong et Hongzhaozidong par la rivière du tourbillon à laquelle on accède par un P10 qui se descend en désescalade.
Immédiatement sur la gauche, on a un premier affluent, il provient d’une cascade, celle où jonctionne le boyau signalé arrivant d’un départ sur les vires. On peut remonter en opposition pour atteindre l’amont de cette cascade. C’est un boyau qui se divise en un ramping sec, bloqué sur trémie et un ramping très ventilé bloqué sur une trémie trop arrosée lors de l’exploration pour se rendre compte si elle est ou non franchissable en toute sécurité.
Un peu plus loin à gauche, un boyau sec mène à un siphon temporaire qu’il faudrait revoir en étiage.
Toujours plus loin, on laisse sur la droite les départs amonts fossiles et actifs où rien de neuf n’a été découvert et on suit l’aval jusqu’à une salle avec une cascade importante tombant du plafond. Un affluent de plain-pied a été remonté à ce niveau, il s’achève sur des fractures remontantes et des trémies. Au carrefour suivant, sur la gauche, on trouve un autre affluent qui rejoint également par un jeu de trémies la galerie débutant sur les vires.
En tout, ce secteur comporte plus d’une dizaine de cascades de plus ou moins grande importance arrivant de diverses fissures et trémies. Ce n’est pas du tout surprenant si on considère qu’on est sous le tiankeng de Tuanduiwoshuidong qui est une perte. [Jean Bottazzi]

AUT. VAR (2019) Jean BOTTAZZI, Éric SANSON, Bruno HUGON, Olivier TESTA, Alain MAURICE, Marc GUICHOT, Florence GUILLOT, Cécile PACAUT, Marc FAVERJON, Marc TREMBLAY, Amandine LABORDE, Nicolas FAURE, Emmanuel VITTE, Jessica MORIN-BUOTE, Éric DAVID, Éric LECUYER, Éric MADELAINE, Gilles CONNES. Topographes Jean BOTTAZZI, Éric SANSON, Bruno HUGON, Nicolas FAURE, Olivier TESTA, Barnabé FOURGOUS, Pascal ORCHAMPT, Emmanuel VITTE, Éric DAVID, Marc TREMBLAY, Florence GUILLOT, Fabien MULLET, Marc FAVERJON, Charles BUTIN, Cécile PACAUT, Alain MAURICE, Gilles CONNES, Jes- sica MORIN-BUOTE, Michel ISNARD, Jean-Pierre BARBARY, Patrick LETOURNEL, Marc SÉCLIER, Marc GUICHOT, Vivien MOINAT, Éric MADELAINE, Silvia ARRICA, Silvère PASTUREAU, LIZIXIN, Éric LECUYER, Thierry MONGÈS, Amandine LABORDE, Daniel BETZ, Olivier JÄRMANN, Christian DELAIRE. Coordination, rédaction, synthèse topographique et composition : Jean BOTTAZZI
Spelunca Mémoires n° 39 (2019) Voyages en terre chinoise tome 5. Expéditions spéléologiques franco-chinoises 2011-2019 dans les grottes de Suiyang Shuanghedong
Analyse : gkc-JPB

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